Numéro 43 - Semaine du 31 janvier au 6 février 2011

dimanche 6 février 2011 • GF

La coupure totale d’Internet en Égypte, dont nous parlions la semaine dernière, n’a pas duré. L’accès à commencé à être rétabli vers le milieu de la semaine. Pendant ce temps, Google proposait de «twitter» par téléphone, l’armée utilisait les SMS, et la Chine en profitait pour bannir le mot clé egypte des réseaux sociaux (ainsi que les lapins en colère). Au final, la coupure aurait coûté 65 millions d’euro selon l’OCDE.

L’actualité du P2P est également intéressante cette semaine. En France, le dossier eMule-Paradise est renvoyé à l’instruction, une partie de la procédure étant frappée de nullité. Rappelons qu’eMule-Paradise était un site de partage de liens pour le réseau eDonkey/eMule vers des fichiers contrefaisants (300 000 visiteurs par jour). Le procès du site devait servir d’exemple.

L’Hadopi évolue vers une plus grande automatisation, avec la transmission informatisée des dossiers au parquet. Le décret a été examiné par la CNIL, il devra l’être par le Conseil d’État. Dans le même temps, l’on se demande quelle est l’efficacité de la loi Hadopi : une guerre des sondages fait rage et l’on peine à savoir si la riposte graduée dissuade vraiment les internautes d’utiliser le P2P. La loi Hadopi est une nouvelle fois dénoncée comme étant archaïque, puisqu’elle ne vise que les réseaux P2P à l’exclusion des sites de téléchargement direct ou de streaming.

En tout cas, la loi Hadopi a un effet qui était prévisible, mais qui fut ignoré par le législateur : elle incite les internautes à chiffrer leurs échanges afin de mettre en échec la surveillance. Or, une fois les échanges chiffrés, toute surveillance devient plus difficile, qu’elle porte sur le téléchargement ou non. C’est pourquoi les services secrets voient le système Hadopi d’un mauvais oeil. La position de l’administration américaine est bien différente : leur priorité est de fermer les sites fournissant des liens vers les contenus illicites. La même idée a été avancée au Royaume-Uni, dans la loi Digital Economy Act dont l’adoption vient, une fois de plus, d’être retardée. L’industrie culturelle américaine, quant à elle, continue de faire feu de tout bois. Elle a inventé une procédure de «reverse class action»(en) par laquelle une plainte en justice pour téléchargement illicite vise un grand nombre de défendeurs.

Toujours concernant la propriété intellectuelle, une affaire de plagiat a opposé, cette semaine, Google et Microsoft. Google a accusé Microsoft, en début de semaine, de copier les résultats de son moteur de recherche pour les insérer dans Bing. Google a mis en place un «piège». Dans un premier temps, des requêtes totalement improbables (par exemple : «hiybbprqag»), qui ne renvoient normalement aucun résultat, ont été dotées de certains résultats choisis (bien entendu, sans aucun rapport avec la requête). Dans un deuxième temps, Google a demandé à ses employés de lancer ces requêtes sur son moteur de recherche depuis un ordinateur avec Windows et la barre Bing du navigateur Internet Explorer. Dans un troisième temps, ils se sont rendu compte que Bing avait repris certaines de ces requêtes, et qu’il fournissait les mêmes résultats improbables que Google. La barre Bing serait donc, en quelque sorte, un «cheval de Troie» permettant à Microsoft de connaître les requêtes émises par les internautes sur Google, et les résultats choisis par les internautes parmi ceux renvoyés par le moteur de recherche. En fin de semaine, après la réponse de Microsoft, c’est toutefois Google qui a pris la place du méchant dans l’affaire : il semblerait qu’il s’agisse d’une opération de dénigrement montée par Google à l’encontre de son concurrent le plus sérieux. Les algorithmes de recherche des deux moteurs étant secrets, il est difficile de savoir qui dit vrai.

Parlons ensuite d’une autre affaire, beaucoup plus inquiétante. Le site Rojadirecta.org diffusait en streaming et fournissait des liens vers des matchs sportifs à l’attention du public espagnol. Le site, bien que jugé licite en Espagne, était considéré par les autorités américaines comme étant contraire à la loi. Le département de la justice des États-Unis et l’Immigration and Customs Enforcement faute de pouvoir atteindre la société espagnole gérant le site ou son hébergeur, situé en dehors des USA, se sont attaqué au nom de domaine «.org» géré par une société américaine. Le nom de domaine a donc été désactivé, rendant le site inaccessible pour un temps. Par la suite, d’autres noms de domaine ont pris le relai, et le site a retrouvé sa visibilité sur le réseau. L’affaire pose deux questions importantes : 1) celle de la légitimité de l’action américaine, clairement extraterritoriale, face à un site jugé licite en Espagne ; 2) celle de l’efficacité de la mesure prise par les autorités américaines, sachant que d’autres domaines continuent de diriger vers le site incriminé.

Pour finir, mentionnons deux autres informations importantes cette semaine. D’abord, la sortie de Debian 6 «Squeeze» ce week-end. Ensuite, une nouvelle alerte concernant la pénurie d’adresse IPv4(en) qui semble, cette fois, être sérieuse(en).

La coupure totale d’Internet en Égypte, dont nous parlions la semaine dernière, n’a pas duré. L’accès à commencé à être rétabli vers le milieu de la semaine. Pendant ce temps, Google proposait de «twitter» par téléphone, l’armée utilisait les SMS, et la Chine en profitait pour bannir le mot clé egypte des réseaux sociaux (ainsi que les lapins en colère). Au final, la coupure aurait coûté 65 millions d’euro selon l’OCDE.

L’actualité du P2P est également intéressante cette semaine. En France, le dossier eMule-Paradise est renvoyé à l’instruction, une partie de la procédure étant frappée de nullité. Rappelons qu’eMule-Paradise était un site de partage de liens pour le réseau eDonkey/eMule vers des fichiers contrefaisants (300 000 visiteurs par jour). Le procès du site devait servir d’exemple.

L’Hadopi évolue vers une plus grande automatisation, avec la transmission informatisée des dossiers au parquet. Le décret a été examiné par la CNIL, il devra l’être par le Conseil d’État. Dans le même temps, l’on se demande quelle est l’efficacité de la loi Hadopi : une guerre des sondages fait rage et l’on peine à savoir si la riposte graduée dissuade vraiment les internautes d’utiliser le P2P. La loi Hadopi est une nouvelle fois dénoncée comme étant archaïque, puisqu’elle ne vise que les réseaux P2P à l’exclusion des sites de téléchargement direct ou de streaming.

En tout cas, la loi Hadopi a un effet qui était prévisible, mais qui fut ignoré par le législateur : elle incite les internautes à chiffrer leurs échanges afin de mettre en échec la surveillance. Or, une fois les échanges chiffrés, toute surveillance devient plus difficile, qu’elle porte sur le téléchargement ou non. C’est pourquoi les services secrets voient le système Hadopi d’un mauvais oeil. La position de l’administration américaine est bien différente : leur priorité est de fermer les sites fournissant des liens vers les contenus illicites. La même idée a été avancée au Royaume-Uni, dans la loi Digital Economy Act dont l’adoption vient, une fois de plus, d’être retardée. L’industrie culturelle américaine, quant à elle, continue de faire feu de tout bois. Elle a inventé une procédure de «reverse class action»(en) par laquelle une plainte en justice pour téléchargement illicite vise un grand nombre de défendeurs.

Toujours concernant la propriété intellectuelle, une affaire de plagiat a opposé, cette semaine, Google et Microsoft. Google a accusé Microsoft, en début de semaine, de copier les résultats de son moteur de recherche pour les insérer dans Bing. Google a mis en place un «piège». Dans un premier temps, des requêtes totalement improbables (par exemple : «hiybbprqag»), qui ne renvoient normalement aucun résultat, ont été dotées de certains résultats choisis (bien entendu, sans aucun rapport avec la requête). Dans un deuxième temps, Google a demandé à ses employés de lancer ces requêtes sur son moteur de recherche depuis un ordinateur avec Windows et la barre Bing du navigateur Internet Explorer. Dans un troisième temps, ils se sont rendu compte que Bing avait repris certaines de ces requêtes, et qu’il fournissait les mêmes résultats improbables que Google. La barre Bing serait donc, en quelque sorte, un «cheval de Troie» permettant à Microsoft de connaître les requêtes émises par les internautes sur Google, et les résultats choisis par les internautes parmi ceux renvoyés par le moteur de recherche. En fin de semaine, après la réponse de Microsoft, c’est toutefois Google qui a pris la place du méchant dans l’affaire : il semblerait qu’il s’agisse d’une opération de dénigrement montée par Google à l’encontre de son concurrent le plus sérieux. Les algorithmes de recherche des deux moteurs étant secrets, il est difficile de savoir qui dit vrai.

Parlons ensuite d’une autre affaire, beaucoup plus inquiétante. Le site Rojadirecta.org diffusait en streaming et fournissait des liens vers des matchs sportifs à l’attention du public espagnol. Le site, bien que jugé licite en Espagne, était considéré par les autorités américaines comme étant contraire à la loi. Le département de la justice des États-Unis et l’Immigration and Customs Enforcement faute de pouvoir atteindre la société espagnole gérant le site ou son hébergeur, situé en dehors des USA, se sont attaqué au nom de domaine «.org» géré par une société américaine. Le nom de domaine a donc été désactivé, rendant le site inaccessible pour un temps. Par la suite, d’autres noms de domaine ont pris le relai, et le site a retrouvé sa visibilité sur le réseau. L’affaire pose deux questions importantes : 1) celle de la légitimité de l’action américaine, clairement extraterritoriale, face à un site jugé licite en Espagne ; 2) celle de l’efficacité de la mesure prise par les autorités américaines, sachant que d’autres domaines continuent de diriger vers le site incriminé.

Pour finir, mentionnons deux autres informations importantes cette semaine. D’abord, la sortie de Debian 6 «Squeeze» ce week-end. Ensuite, une nouvelle alerte concernant la pénurie d’adresse IPv4(en) qui semble, cette fois, être sérieuse(en).