Test du Calix v2, atomiseur reconstructible grec conçu par Leo. Le Calix est un atomiseur high end orienté saveurs, qui permet un tirage suffisamment serré pour une vape classique et, en même temps, suffisamment ouvert pour l'inhalation directe. Sa conception est intelligente et sa réalisation parfaite, si bien qu'il se classe parmi les meilleurs atomiseurs du moment.

Appréciation et note finale
Qualité de fabrication 10/10
Solidité 10/10
Apparence 10/10
Plateau de montage 8/10
Airflow 8/10
Arrivées de liquide 7/10
Restitution des saveurs 10/10
Packaging et spare parts 9/10
Prix 8/10
Accessoires 10/10
Note finale 90/100

Présentation

Le Calix est un excellent atomiseur. Il est orienté restitution des saveurs et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est une réussite ! La vape sur cet atomiseur est au même niveau que celle d’un Kayfun ou d’un Hurricane. De ce point de vue, et c’est le principal, le pari est donc réussi.

La conception du Calix est intelligente mais pas sans inconvénient, nous y reviendrons. La qualité de fabrication, en revanche, est parfaite et l’atomiseur est très solide.

L’airflow est très précis et pour cause : il se règle avec une vis sur la base de l’atomiseur, à la manière du Kabuki. En revanche, je dois signaler que j’ai eu une légère fuite de liquide par l’arrivée d’air. L’arrivée de liquide, quant à elle, est réglable. En ouverture maximale, aucun dry hit à signaler, même avec des liquides visqueux (>70 VG).

Enfin, le Calix se décline en plusieurs variantes, ce qui est hautement appréciable. Chacun y trouvera son bonheur : version “normale” à 5 ml de liquide, “nano” ou “pico” à 2 ml ; tank PMMA, plexiglas ou acier, plusieurs variantes avec des motifs différents, tank coloré possible, éventuellement assorti au drip tip… Plus important encore, le Calix est disponible soit avec la connexion 510 classique, soit avec la connexion P3 des Provari, beaucoup plus solide que la connexion 510. La version du Calix testée ici est la “nano” avec une connexion P3 et un tank PMMA.

Il existe aussi de nombreuses spare parts. On en trouve dans la boîte (en bois) du Calix, avec une clé Allen et une résistance préfabriquée. Bref, le packaging est à la hauteur de l’atomiseur !

Calix v2

Excellente restitution des saveurs

C’est incontestablement le critère le plus important pour les personnes qui ont mon style de vape (“je vape comme je respire”) : les saveurs sont parfaites avec le Calix. L’équilibre entre l’arrivée d’air, la taille de la chambre d’atomisation et celle de la cheminée est excellent. La vape est semblable à celle du Kayfun 5 ; peut-être un peu moins précise, mais légèrement plus “ronde”.

Airflow précis mais peu pratique

L’airflow du Calix se règle avec une clé Allen, comme sur le Kabuki. Est-ce une bonne chose ? Pour moi, oui. Une fois réglée, je change très rarement l’arrivée d’air de mes atomiseurs. Je n’ai donc pas besoin de bague coulissante, comme on en trouve sur la plupart des atomiseurs low end aujourd’hui. Un système inspiré du Kayfun 5 aurait toutefois été plus pratique.

Calix v2

Le réglage d’arrivée d’air se réalise donc en vissant ou en dévissant une vis placée sur la base de l’atomiseur. L’on peut visser au maximum et avoir ainsi une vape très serrée, parfaite pour le mouth-to-lung. L’on peut aussi dévisser au maximum (ou retirer la vis !) et l’arrivée d’air est, dans cette position, suffisante pour vaper en inhalation directe. Elle n’est certes pas aussi importante que sur un dripper, mais tant mieux, les saveurs sont préservées. Là encore, le Calix est comparable au Kayfun 5 ou au Hurricane si l’on règle l’airflow sur les deux trous du milieu.

En somme, le Calix conviendra à ceux qui vapent comme ils tirent sur une cigarette combustible (mouth-to-lung), à ceux qui “vapent comme ils respirent”, mais pas à ceux qui veulent que leur vape ressemble à une chicha.

Arrivée de liquide efficace mais peu pratique

L’arrivée de liquide est suffisante pour les liquides les plus visqueux. Elle se réalise par deux petits trous sur la base de la chambre, comme sur un Taifun ou sur le Hurricane.

L’arrivée de liquide est réglable, ce qui représente un avantage certain : l’on peut “tout fermer” en un instant et sans démonter l’atomiseur. Pourtant, j’ai eu une fuite de liquide par l’airlow alors que l’arrivée de liquide était fermée. Je ne me l’explique pas… et c’est arrivé une seule fois, impossible à reproduire depuis. Il s’agissait peut-être d’un joint non lubrifié ou d’une position horizontale de l’atomiseur un peu maladroite, va savoir !

Bien que le réglage de l’arrivée de liquide soit un avantage, elle est aussi la source d’un inconvénient. C’est à mon sens le seul défaut de conception du Calix : le réglage s’opère en tourtant le drip tip qui entraîne la cheminée dans sa rotation. La rotation de la cheminée, vissée sur la chambre, ouvre ou ferme l’arrivée de liquide. C’est ingénieux mais, en pratique, trois problèmes peuvent survenir.

En premier lieu, si l’on laisse le Calix trop longtemps au repos, l’arrivée de liquide en version fermée, le drip tip devient difficile à tourner. Les doigts glissent, rien ne tourne, l’arrivée de liquide ne s’ouvre pas… Comment résoudre ce problème ? C’est en réalité assez facile : il suffit de tourner (un peu) le top cap, au lieu du drip tip. Une faible rotation du top cap amorcera la rotation de la cheminée et l’on pourra pousuivre ensuite en tournant le drip tip. Ironie du sort, la solution à ce premier problème cause le second…

Calix v2

En deuxième lieu, le joint entre le réservoir et le top cap est… énorme ! Ce n’est pas un problème en soi mais plutôt un gage de qualité. Sauf que pour remplir le réservoir de liquide, il faut dévisser le top cap ; or, en tournant le top cap, on dévisse la cheminée au lieu du top cap. Il faut être très vigilant à cela, car dévisser totalement la cheminée a pour effet de révéler le plateau et l’arrivée d’air. S’il y a encore du liquide dans le tank, il coulera instantanément par l’airflow ! Ce problème est illustré dans la vidéo de GrimmGreen à propos du Calix v2.

En troisième et dernier lieu, le choix du drip tip est important. Ils ne sont pas tous de qualité égale. Un drip tip trop fin au niveau de sa base ou doté de joints de mauvaise qualité tournera au lieu de faire tourner la cheminée. C’est tout simple : il faut que la connexion entre le drip tip et le top cap soit en mesure de résister à plus de force que la connexion entre la cheminée et la chambre. J’utilise pour ma part le drip tip Nero de Pipeline, qui convient parfaitement.

Remplissage par le haut

Le remplissage du tank se fait par le haut. Il faut dévisser le top cap afin d’exposer le réservoir. Le liquide doit alors être versé dans une fente entre la cheminée et le bord du réservoir.

Calix v2

C’est à la fois pratique, parce que le remplissage par le haut est vraiment appréciable, et un peu frustrant. En effet, l’espace entre cheminée et paroi du réservoir est assez étroit, si bien que quelque gouttes de liquide peuvent couler en dehors de l’atomiseur, selon le mode de remplissage utilisé. Une seringue, une bouteille Unicorn ou une pipette de taille normale rempliront le tank sans fuite ; en revanche, il est inimaginable de verser directement le liquide depuis le flacon dans le réservoir, comme on peut le faire sur le Hurricane par exemple.

Un mot sur le tank en PMMA que j’ai testé : il est suffisamment épais et résistant. Aucun problème avec des liquides très agressifs tels que le Red Astaire ou le Snake Oil. Sur l’image, le liquide (français) utilisé est le Reanimator II.

Montage original

Le plateau de montage du Calix est très original. Il peut faire peur à première vue. En réalité, il est terriblement efficace et pas si difficile à utiliser !

Calix v2

Le fil doit être placé dans des petits trous, fermés par des vis. C’est classique. En revanche, ce qui l’est moins est la position des vis : derrière les plots servant de pôles positif et négatif. Il faut donc prévoir un coil avec des pattes assez importantes, qui seront légèrement tordues pour passer derrière les plot. Cela semble compliqué, mais ça ne l’est pas ; le montage se fait assez naturellement lorsqu’on a compris comment faire.

Il y a 4 vis. Cela permet donc de faire du double coil, voire du triple coil. Cependant, je ne vois pas l’intérêt de tels montages. Le Calix est un atomiseur orienté saveurs au tirage assez serré. Ce n’est pas un dripper, ce n’est pas pour les cloud chasers. Il fonctionne bien mieux avec des montages classiques “à la Kayfun”.

Calix v2

Il existe une astuce pour monter le coil, que j’ai découverte dans une vidéo de Phil Busardo. Il s’agit de passer le fil autour de la vis puis de l’enrouler sur le tournevis (ou tout autre gabarit) qui maintient le coil avant de revisser. En appliquant cette technique, le fil est bien tendu et le montage est à la fois stable et facile à réaliser.

Le plateau est donc très bien conçu, ce que l’on est en droit d’attendre d’un atomiseur high end. J’ai cependant trois critiques à formuler à son encontre.

D’abord, le plateau est vissé sur la base de l’atomiseur, de telle manière qu’il intègre la connexion à la box. Or, la conception du Calix est telle qu’une fois le plateau vissé au maximum, il devient impossible d’atteindre les vis retenant le coil. Il faut donc d’abord dévisser le plateau, puis dévisser les vis retenant le coil, pour reconstruire. Certes, l’on ne fait pas un nouveau montage tous les jours, mais quand bien même, je suis réticent à dévisser le plateau, en prenant un risque chaque fois d’abimer un joint qui est sans doute le plus important de tous.

Ensuite, le plateau est “usiné” de telle manière que les bords des plots sont coupants. Il faudra donc faire attention, à l’heure de reconstruire et particulièrement en dévissant le plateau pour accéder au vis retenant la résistance, de ne pas se blesser.

Calix v2

Enfin, les vis fixant le coil aux plots positif et négatif sont très petites et elles ne donnent pas une grande impression de solidité. C’est d’ailleurs la seule partie du Calix qui semble fragile. Heureusement, il y a 4 vis : en single coil, on peut se permettre d’en perdre une lorsqu’on n’a pas le sachet de spare parts avec soi !

Conclusion

Le Calix est un excellent atomiseur, innovant, bien pensé et bien réalisé, polyvalent et à la restitution des saveurs frôlant la perfection. Bien qu’assez cher, je ne peux que le recommander. C’est l’un des meilleurs RTDA du moment !

Calix v2

À Montpellier, le vendredi 12 août 2016