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Sic Itur Ad Absurdum

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2 Mai 2010

Cette semaine, on reparle du traité ACTA et de ses conséquences en France. Faut-il vraiment étendre le système « notice and takedown » au monde entier ? Parfois, on se dit que l’importance du droit d’auteur est proportionnelle à l’argent que ce droit rapporteen. Et ce n’est pas le gouvernement français qui démentira. Certains députés semblent toutefois s’inquiéter des « salaires pharaoniques des dirigeants de la Sacem », tandis que d’autres proposent une licence globale, pour plus de justice et dans l’intérêt du plus grand nombre. Cela serait préférable à une approche répressive dont les effets sont incertains. Une partie de la doctrine propose quant à elle un « European Copyright Code », pendant que le ministre est interrogé sur l’outils anti-Hadopi, SeedFuck.

L’avenir est peut être dans les bien communs. Toujours est-il qu’un changement profond dans la politique répressive serait souhaitable : laisser les internautes qui téléchargent tranquilles, et s’en prendre aux uploaders ou à ceux qui font de l’argent grâce à la contrefaçon. Mais il est vrai que, comme la loi LOPPSI, les mesures nécessaires présenteraient un grand danger pour la vie privée.

La protection de la vie privée sur Internet devient un problème de plus en plus important, comme l’illustre une proposition de loi aux États-Unis. On se demande d’ailleurs pourquoi l’impact de la protection de la vie privée sur la sécurité du réseau serait dans ce pays une information classée secret défense. Mais l’on ne peut ignorer que certains innovations sont à double-tranchant pour les internautes : bénéfice immédiat, conséquences plus incertaines sur le long terme.

Google défend la neutralité du Net, mais ne voit pas d’un bon oeilen qu’on lui demande de s’appliquer ce principe. Il s’agit pourtant d’une question importante, qui peut se rattacher aux droits fondamentaux.

La neutralité, c’est l’accès, mais c’est aussi le contenu. Ainsi, la guerre des supports de vidéo continue. Steve Jobs, patron du premier fabricant américain de téléphones mobiles, explique les raisons de l’absence de Flash sur l’iPad. Adobe répond à Jobs, mais peine à convaincre : Microsoft semble, une fois n’est pas coutume, rejoindre Apple contre Flash et pour le standard ouvert HTML5. Finalement, Adobe abandonne la partie, pour ce qui est de l’iPad du moins. C’est que l’appareil mobile d’Apple est un véritable succès. Il arrive cette semaine aux États-Unis dans sa version 3G, tandis que l’on apprend que sa distribution en France ne sera pas réservée aux opérateurs de téléphonie.

Et pour finir, l’on ne saurait passer sur la sortie, le 29 avril, de la dernière version d’Ubuntu, Lucid Lynx, une distribution stable avec une toute nouvelle interface.

• 466 mots • #Internet #neutralité #Google #vie privée #Apple #blog #linux
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1 Mai 2010

L'interface d'Ubuntu 10.04, « Lucid Lynx », copierait celle de Mac OS X. C'est ce qu'on peut lire, dans plusieurs langues, sur de nombreux forums et blogs dédiés à Linux. La plupart des personnes qui avancent cette idée le font pour dénoncer ce qui leur apparaît comme une mauvaise décision de Canonical, l'entreprise qui produit Ubuntu. Copier Mac OS X serait, selon eux, refuser d'innover et s'éloigner de l'esprit de Linux, des précédentes versions d'Ubuntu et du monde libre. Voyons ce qu'il en est. • 1209 mots • #Mac #Informatique #Graphisme #Linux
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25 Avr 2010

Cette semaine, le HTML 5 est à l’honneur. On parle ici et de l’attribut « contenteditable », tandis que d’autres parlent et reparlent de l’insertion de vidéos sans Flashes ; et Google de défendre Theora. Flash, parlons-en. Apple, qui fait ce trimestre des bénéfices record grâce à l’iPhone, annonce qu’elle préfère utiliser des standards que des formats propriétaires et Adobe abandonne son SDK Flash pour iPad/iPhone. Mais, pas rancunière, la société annonce tout de même qu’elle utilisera les API Appleen pour accélérer Flash sur Mac. Apple, qui sort une bêta 2 de l’iPhone OS 4, serait selon une certaine rumeur, rapidement démentie, intéressée par le rachat d’ARM.

Dans le monde du libre, l’actualité est aussi intéressante, cette semaine. Microsoft annonce son soutien au Web Open Formaten, adopté par le W3C, tandis que d’autres s’intéressent à la différence entre les notions de « logiciel libre » et de « logiciel open source » ou expliquent comment éviter les principaux écueils de l’open source. D’autres parlent du « Web 3.0 ». L’Europe insiste sur l’importance de l’interopérabilité et dévoile un plan quinquennal sur la sécurité tandis que d’autres, que Socrate aurait probablement traité de sophistes, censurent et s’en défendent, ou verrouillent leurs logiciels avec des DRM, sans grand succès. Les chercheurs anglais, d’ailleurs, sont interdits de sophisme : les données de leurs travaux doivent être mises à disposition du publicen. La « guerre des Box » fournit une autre illustration : Free, qui n’est pas si « free » que cela, utilise des morceaux de code sous licence GPL, sans sa Box propriétaire, mais se défend en soutenant que la licence GPL ne s’applique qu’aux transferts de logiciels et que la Box reste la propriété de Free même lorsqu’elle est en la possession de l’internaute. A l’inverse, SFR publie le code source de sa Box. La Maison Blanche est du bon côté : elle rend disponible le code OpenSource de son siteen. Signalons un autre événement d’importance dans le monde du libre : Ubuntu entame sa dernière ligne droiteen avant la sortie de la version LTS « Lucid Lynx ».

Et l’on reparle de propriété intellectuelle avec la victoire de Microsoft, en Chine, contre des contrefacteurs chinois et, bien entendu, avec les accords ACTA faisant pour la première fois l’objet d’une publication officielle, qui n’indique plus la position de chaque partie, grâce à la mobilisation de longue date de certains députés européens contre le secret des négociations. Mais la transparence ne légitime rien et le texte est toujours vu par beaucoup comme étant mauvais et liberticideen. En France, la Commission pour la Copie Privée taxe l’iPad qui annonce déjà un gros succès commercial. De même pour l’iPhone 4G, vu le bruit que fait la « découverte » d’un prototype (perdu ?) dans un bar californien.

Google publie une liste des pays qui lui demandent de censurer des contenus (la France en 5ème place), avec l’approbation du Conseil de l’Europe, mais se fait dans le même temps rappeler à l’ordre par la CNIL et quelques une de ses homologues sur certaines pratiques jugées attentatoires à la vie privée. Cela ne semble pas trop inquiéter l’opérateur, qui se prépare à filmer à l’intérieur des magasins. L’inquiétude, quand à la protection de ses données « dans le nuage » devient de plus en plus légitime, d’autant que Google rejette en bloc une approche « opt-in »en, et que des grands acteurs du Web 2.0 et de l’informatique personnelle et professionnelle s’associent et partagent des données. En France, la CNIL, qui offre de nouvelles téléprocédures est saisie de demandes d’autorisation de collecte d’adresses IP dans le cadre de la loi HADOPI (mais attention : le « chasseur » peut aussi être « chassé »es !) et valide un fichier d’identification par empreinte digitale dans le cadre médical. Dans le même temps, la Commission nationale des droits de l’Homme (CNCDH) fustige la LOPPSI et certains critiquent le projet du gouvernement de créer un « droit à l’oubli ». Alors, doit-on se protéger en installant un serveur DNS « menteur » ou en utilisant le réseau TOR qui débarque sur Android ? Ou faut-il « désintoxiquer » les jeunes américains devenus dépendants des réseaux sociaux ?

Du côté des opérateurs du Web 2.0, l’incertitude continue : Sedo, site de courtage de noms de domaine, est qualifié d’éditeur, tandis que Facebook semble devoir bénéficier du régime de responsabilité des hébergeurs.

Insolite et inquiétant à la fois, un logiciel d’IBM « prédit » les crimes, ou plutôt calcule les risques de récidive en fonction des données personnelles des sujets ; ce logiciel est déjà en test en Floride et en Grande-Bretagne.

Michel Onfray n’aime pas les blogs, ou plutôt les commentaires des internautes qu’il considère comme l’équivalent des « littératures vespasiennes d’hier ». Cette philosophie-là est bien dogmatique –on l’avait déjà reproché à d’autres. Heureusement que tous ne partagent pas cet avises. On lui répondra qu’il devrait se renseigner « in situ » avant de dénigrer : peut-être constaterait-il que le niveau des commentaires dépend du niveau des lecteurs réguliers, qui dépend à son tour en grande partie du niveau de l’auteur du blog. Bref, tout n’est pas de bas niveau dans le caniveau ;-)

Pour conclure, un petit clin d’oeil à la presse papier et plus particulièrement à Science&Vie Micro (SVM) qui, après des années à informer ses lecteurs sur l’actualité informatique par des article de grande qualité, ne sera plus publié. Dans le genre « vintage », on pourra aussi célébrer les 17 ans de Mosaicen.

• 1001 mots • #Internet #P2P #propriété intellectuelle #commerce électronique #responsabilité #Google #vie privée #données personnelles #Apple #blog #open source #libre #linux #international
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19 Avr 2010

L'HyperText Markup Language, ou HTML, est le langage permettant de décrire la composition des pages Web que le navigateur interprète afin d'afficher le contenu à l'écran. Les spécifications de ce langage sont établies par le World Wide Web Consortium (W3C). La cinquième version du HTML, en cours d'élaboration, est déjà partiellement intégrée à la plupart des navigateurs modernes. La balise <video> a monopolisé l'attention pendant un temps, mais l'HTML 5 offre d'autres nouveautés, dont le très important attribut contenteditable. • 1339 mots • #Internet #programmation #Web
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18 Avr 2010

Aux États-Unis, la Cour d’appel de Columbia donne raison au fournisseur d’accès Comcast, dans un litige l’opposant à l’autorité américaine de régulation des télécoms, la FCC. Comcast avait réduit la bande passante allouée au protocole BitTorrent, afin de privilégier ses abonnés n’utilisant que le Web. La FCC avait invoqué le principe de neutralité du Net afin de sanctionner Comcast. La Cour ne se prononce pas directement sur le principe de neutralité du Net, mais elle estime que la FCC n’avait pas compétence pour imposer à Comcast des décisions relevant de l’organisation de son réseau.

En France aussi, le principe de neutralité du Net est au coeur des débats. C’est d’abord un colloque organisé par l’ARCEP qui soulève la question de l’opportunité de légiférer pour garantir ou limiter la neutralité du Net. Le gouvernement demande l’avis des internautes et lance un nouveau site (dont on espère qu’il ne sera pas complètement vérolé) qui s’intéresse notamment à la question de plus en plus discutée du droit à l’oubli. Dans le même temps, certains réclament une « police internationale d’Internet ».

Cette police pourrait bien venir des accords ACTA, qui se poursuivent en Nouvelle Zélande dans la plus grande opacité, jusqu’à ce que le Parlement européen accepte de lever le secret, le 21 avril. Cela devrait réjouir les bibliothécaires. Pour autant, le problème de fond du partage d’oeuvres sur Internet reste bien présent. Les ayants-droit continuent de surveiller le réseau eDonkey/eMule, alors qu’il est constant que ce réseau a été abandonné depuis longtemps au profit des blogs ou des forums fournissant des liens direct vers des fichiers hébergés par des sites de téléchargement direct. Dommage que l’Irlande, pas plus que la France, n’ait compris cela. Mais les internautes ripostent, notamment par un logiciel destiné à parasiter les relevés d’adresses IP. On comprend d’ailleurs, en voyant les prélèvements réalisés par la SACEM sur les plateformes légales, que certains, comme le chanteur d’Oasis Liam Gallagher, disent aux artistes se plaignant du téléchargement illicite « don’t look back in anger ».

Certains voudraient utiliser la loi HADOPI afin de renforcer la sécurité juridique du système de responsabilité applicable aux hébergeurs. Les hébergeurs sont en effet sur la sellette. Ou du moins, ceux qui prétendent au bénéfice du régime spécial de responsabilité de la Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique du 21 juin 2004. La Cour de cassation s’est de nouveau prononcée sur la question, par deux arrêts de la Chambre criminelle (n°09-81064 et n°08-86301), qui rejoignent l’arrêt Tiscali rendu par la première chambre civile le 14 janvier dernier. On se souviendra que la CJCE, saisie de la question, avait renvoyé la balle aux juridictions nationales.

Pendant ce temps, Google devient de plus en plus puissant et réalise près de 2 milliards de dollars de bénéfice sur un trimestre, jusqu’à déranger les FAI qui voudraient bien externaliser les coûts en bande passante générés par les services de Google. C’est que le déploiement de la fibre optique coûte cher, et cela se ressent sur les tarifs présentés par Orange cette semaine. Alors, faut-il craindre Google ? Et son futur système d’exploitation ? Heureusement, certains proposent des solutions afin de mieux préserver sa vie privée sur Internet.

L’autre géant du moment, Apple, se prépare à dévoiler l’iPhone version 4, tout en pratiquant une politique de validation des application, sur l’iTunes Store, plutôt contestable.

Et pour conclure, la NASA publie des photos satellite du volcan Eyjafjöll dont l’éruption paralyse actuellement le trafic aérien en Europe.

• 611 mots • #Internet #neutralité #téléchargement #P2P #propriété intellectuelle #commerce électronique #responsabilité #Google #vie privée #données personnelles #Apple
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17 Avr 2010

Qui, aujourd'hui, ne connaît pas Google, et n'utilise pas au moins l'un des services qu'elle propose ? L'entreprise a su, grâce à son moteur de recherche, se rendre indispensable pour beaucoup d'internautes. Cette position dominante de la société américaine n'est pas sans danger, car elle lui confère un pouvoir considérable sur les internautes : savoir ce qu'ils lisent et les inciter à lire tel ou tel document. • 882 mots • #Internet #société #software #Web
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25 Mars 2010

Observations à propos de l'arrêt du 23 mars 2010 (affaires C-236/08, C-237/08, C-238/08) La décision de la Cour de justice des communautés européennes dans les affaires « AdWords » était attendue avec impatience par les opérateurs du Web 2.0 et par les spécialistes du droit des nouvelles technologies. La question préjudicielle posée par la Cour de cassation à la juridiction communautaire portait sur la licéité du système de fourniture d’annonces publicitaires de Google, en cas de diffusion d’annonces portant atteinte au droit des marques, et sur la responsabilité éventuelle de l’opérateur. L’arrêt du 23 mars 2010 apporte une réponse claire concernant l’activité de Google : l’opérateur se borne à « stocker » les mots-clés contrefaisants, sans en faire un « usage » direct ; il n’est donc pas responsable de la contrefaçon. En revanche, la Cour refuse de qualifier Google d’hébergeur ou d’éditeur et laisse aux juridictions nationales le soin de déterminer le régime de responsabilité qui lui est applicable. • 5994 mots • #Internet #Juridique #Web #Propriété intellectuelle #NTIC #Droit civil #Europe #Responsabilité