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Sic Itur Ad Absurdum

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11 Sept 2011

Une pensée, en ce 11 septembre 2011, pour les victimes des attentats du World Trade Center.

(La revue du web revient dimanche prochain)

• 23 mots • #
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4 Sept 2011

Cette semaine, d’anciennes affaires ressortent, et l’on parle beaucoup de l’anonymat des internautes.

Nous parlions, en début d’année, de l’affaire Megaupload : le FAI français Orange était accusé de brider les débits de téléchargement depuis cet hébergeur de fichiers, et depuis le site associé de streaming Megavideos. L’on apprend cette semaine que l’opérateur Cogent a finalement déposé une plainte contre Orange, accusant l’opérateur de fausser la concurrence en abusant de sa position dominante pour forcer les sites tels que Megaupload à recourir aux services de sa filiale OpenTransit. Le PDG de Cogent a déclaré que «Orange a vendu à ses clients un service d’accès Internet, qu’il espère ne pas être utilisé par ses clients. Or, comme les internautes l’utilisent, Orange ne remplit pas son contrat, et se plaint d’une surcharge due à ses abonnés !». Il est vrai que l’on entend, depuis quelques temps, un discours selon lequel «un petit nombre d’abonnés monopoliserait la bande passante au détriment des autres abonnés». Or, cela est faux. Les abonnés paient pour un certain débit (par exemple «20 mégas») par mois ; ils doivent donc pouvoir télécharger à 20 Mbps pendant un mois entier, sans interruption. Évidemment, personne ne fait cela ; la plupart des internautes ne font même que surfer quelques heures, relever leur courrier électronique, voir une vidéo ou écouter une chanson… bref, la plupart des internautes utilisent 1 ou 2% de la bande passante à laquelle ils ont droit en application du contrat. Les internautes accusés de monopoliser la bande passante, quant à eux, doivent utiliser, par exemple, entre 50% et 70% de la bande passante totale qui leur est allouée par le contrat. Ils n’utilisent donc pas plus de bande passante que ce dont ils ont droit, mais ils en utilisent beaucoup plus que la majorité des internautes. Il est donc vrai que la plupart des FAI (car il ne faudrait pas qu’Orange soit le bouc émissaire d’une pratique courante) vendent aux internautes un débit qu’il savent ne pouvoir assumer. Cela explique non seulement le contentieux entre Orange et Megaupload, mais aussi la discussion sur la fin de l’accès «illimité» à Internet dont nous parlions encore la semaine dernière.

Nous avons également parlé de l’affaire TMG, en mai et en juillet. Voici les derniers développements de l’affaire : l’Hadopi a demandé une étude sur la «pertinence du système de traitement automatisé de recherche des constats et de collecte des adresses IP mis en oeuvre par les ayants droit qui la saisissent». On voit mal comment un tel système pourrait ne pas être pertinent… car sans lui, plus de riposte graduée ! En revanche, le système est probablement perfectible (du point de vue de la protection des données personnelles, s’entend). Suite au prochaine épisode ?

Google continue de progresser sur de nombreux fronts. Son navigateur, Chrome, est de plus en plus utilisé, alors qu’IE et Firefox perdent des parts de marché de plus en plus vite. Par ailleurs, Eric Schmidt prévient les internautes : Google+ et l’anonymat ne sont pas vraiment compatibles.

L’anonymat, parlons-en ! Toujours stigmatisé par les mêmes, il est pourtant bien utile, dans des pays comme la Lybie, où la répression politique est féroce. Il est donc d’autant plus choquant d’apprendre qu’une entreprise française a participé à la surveillance et à la censure d’Internet en Lybie. En Chine, les autorités veulent se débarrasser des rumeurs sur le Net… bien que l’appareil de censure numérique chinois sont très sophistiqué, se débarrasser des rumeurs risque d’être bien difficile !

Aux États-Unis, c’est face aux droits de propriété intellectuelle que l’anonymat tombe : la MPAA a obtenu de la justice américaine qu’elle ordonne à Hotfile de lui communiquer les adresses IP des internautes utilisant ses services pour échanger des fichiers contrefaisants. Vraiment, il devient facile d’obtenir des adresses IP, et de lever l’anonymat, lorsqu’il s’agit de contrefaçon (et de gros sous). En revanche, pour tous les autres délits de communication (diffamation, injure, incitation à la haine, etc.), les jurisprudences Zeran et Dendrite rendent la chose presque impossible. On pourrait presque croire que télécharger un MP3 est plus grave que diffamer une personne…

Plusieurs procédures judiciaires ont été engagées contre des personnes ayant déposé de faux avis de consommateurs sur Internet. Voilà, en effet, un des effets pervers de l’anonymat : comment savoir si tel ou tel commentaire dithyrambique a été rédigé par un consommateur, et non par le vendeur ?

La Cour de cassation a rendu un arrêt intéressant en matière de protection de la vie privée des salariés. La jurisprudence avait évolué, depuis l’arrêt Nikon, jusqu’à fixer une présomption de caractère professionnel des fichiers informatiques du salarié. Ainsi, l’employeur a le droit d’ouvrir n’importe quel fichier, présumé professionnel, à moins que celui-ci soit clairement identifié comme étant personnel (par exemple, si le mot «personnel» est inclus dans le nom du fichier). La Cour a précisé dans un arrêt récent que si l’employeur pouvait ouvrir les fichiers présumés professionnels, il ne pouvait pas pour autant fonder le licenciement d’un salarié sur le contenu de ces fichiers lorsque ceux-ci se révèlent être, après ouverture, des fichiers personnels («si l’employeur peut toujours consulter les fichiers qui n’ont pas été identifiés comme personnels par le salarié, il ne peut les utiliser pour le sanctionner s’ils s’avèrent relever de sa vie privée»)

• 896 mots • #Internet #téléchargement #propriété intellectuelle #Google #vie privée #données personnelles #surveillance #Hadopi #censure #USA #Orange #Megaupload #bande passante #concurrence #FAI #Chine #streaming #jurisprudence #contrefaçon
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3 Sept 2011

Connaissez-vous le neuromarketing ? Il s'agit, selon Wikipédia d'une discipline naissante ayant pour objet "l’application des connaissances issues de la recherche publique en neurosciences cognitives au marketing et à la communication". Démonstration sur le Web, avec les couettes La Redoute ! • 548 mots • #Internet #sécurité #Web #vie privée #Données personnelles #Publicité
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28 Août 2011

Nous parlions, la semaine dernière, de la volonté de certains fournisseurs d’accès de limiter le débit de l’accès à Internet de leurs clients. Les réactions à cette annonce sont intéressantes. D’abord, le ministre de l’économie numérique a affirmé que la politique du gouvernement était de promouvoir le développement du haut débit et, partant, des accès fixes illimités à Internet. Cette réaction en a rassuré certains, et inquiété d’autres qui soutiennent que les «limitations» de l’accès à Internet les plus préoccupantes ne concernent pas le débit mais les contenus disponibles. Le député PS Christian Paul, fervent défenseur de la neutralité du Net, a rapidement réagi en ce sens. Le député rappelle également qu’outre la problématique de la neutralité du Net, la limitation de l’accès pourrait engendrer des distorsions de concurrence et notamment des ententes entre fournisseurs d’accès.

Par ailleurs, le site PCInpact propose un excellent article résumant l’évolution de la politique tarifaire des FAI. On peut notamment y lire, sous la plume de l’Arcep (autorité de régulation française des communications électroniques) que «Orange considère que les tarifs de détail doivent progressivement intégrer une composante permettant de différencier les prix selon l’intensité de l’usage d’internet, et selon le niveau de qualité de service proposé.»

Ces inquiétudes sont renforcées par le projet de transposition par ordonnance du «paquet télécom», d’origine européenne, qui permet de nombreuses atteintes à la neutralité du Net. Ainsi, par exemple, l’Arcep aurait pour mission de promouvoir, et non d’assurer, le respect du principe de neutralité.

Au Royaume-Uni, le gouvernement discute avec les représentants des principaux sociaux des moyens de limiter les incitations et les aides aux émeutes. L’on sait en effet que les réseaux sociaux constituent un moyen de communication efficace entre les citoyens, pour le meilleur (voir leur rôle dans les révolutions du monde arabo-musulman) comme pour le pire. En France aussi, certains demandent la surveillance des utilisateurs des réseaux sociaux ; mais cela ne semble pas encore être à l’ordre du jour.

En Allemange, un autorité locale de protection des données personnelle a considéré que le bouton «J’aime» de Facebook violait la loi sur la protection des données. En effet, Facebook utilise ce bouton pour créer un profil des internautes qui cliquent dessus, et conserve les données pendant 2 ans. L’on apprend par ailleurs que le réseau social a atteint le nombre astronomique de 100 milliards de pages vues en juin 2011.

Enfin, s’agissant de propriété intellectuelle, le site Numérama dresse une liste des crimes et délits punis de peines égales ou inférieures aux délit de contrefaçon, caractérisé sur Internet par le téléchargement de fichiers contrefaisants. Ainsi, par exemple, si l’on s’attache uniquement à la peine, l’on peut dire que l’homicide involontaire ou la violation de domicile avec violence sont aussi «graves» que la mise en ligne de fichiers contrefaisants, et que le harcèlement moral au travail ou la profanation de cimetière sont moins «graves»… Sachant cela, il est légitime de s’interroger : la loi en vigueur en la matière est-elle encore le reflet des valeurs et des attentes de la société française ?

• 520 mots • #Internet #neutralité #téléchargement #propriété intellectuelle #gouvernement #Facebook #réseaux sociaux #surveillance #Orange #concurrence #FAI #régulation #politique #partage #culture #contrefaçon #pénal
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21 Août 2011

L’actualité de la semaine est dominée par trois informations importantes : les offres de fourniture d’accès à volume de données échangeables plafonné, l’abandon du marché du PC par le constructeur Hewlett-Packard, le rachat de la division mobile de Motorola par Google.

Le principe de neutralité du Net a été malmené, cette semaine. L’on a en effet appris que plusieurs fournisseurs d’accès avaient l’intention de plafonner la quantité de données téléchargeables pendant un certain laps de temps, le plafond variant en fonction du forfait souscrit par l’internaute. On peut ainsi imaginer un découpage des offres en fonction, non plus du débit (ADSL 2 Mega-bits par seconde, 10 Mbps, 20 Mbps, etc.) mais en fonction du volume de données échangées (2 Giga-octets, 10 Go, 20 Go, etc.). Certains FAI ont cependant annoncé qu’ils continueraient de proposer des abonnements illimités en volume de données échangées. S’il y a rupture du principe de neutralité du Net, c’est parce que cette mesure de limitation du volume des données téléchargeables a pour but implicite de limiter, d’une part, les échanges directs entre internautes (de type P2P ou autre, dont les FAI semblent profiter) et, d’autre part, la consultation de sites consommant beaucoup de bande passante, comme les hébergeurs de médias (YouTube, Dailymotion, etc.). En outre, la mesure soulève une question économique plus générale : le coût de la bande passante nécessaire au fonctionnement de ces sites doit-il peser sur les internautes qui consultent les contenus, sur les opérateurs qui fournissent ces contenus, ou sur les FAI, ou doit-il être partagé ? La limitation forfaitaire du volume des données a pour but de déplacer le coût de la bande passante des FAI vers leurs clients.

Deuxième information importante de la semaine : l’annonce du constructeur Hewlett-Packard qui, suivant la voie choisir par IBM il y a quelques années déjà, a décidé de quitter le marché des ordinateurs personnels. HP croit en effet que l’avenir de l’informatique personnelle(en) réside dans les tablettes (comme l’iPad), et que le PC tel que nous le connaissons est une technologie en fin de vie. Ce raisonnement appelle plusieurs observations. D’abord, l’hypothèse de départ est fausse, car les tablettes et les PC ne sont pas des produits substituables. Les tablettes sont parfaites pour consulter du contenu, mais (à l’heure actuelle) bien moins efficaces que les PC pour en créer. Ensuite, cette décision implique une différenciation de deux marchés : celui du grand public, et celui des professionnels. Les tablettes pour le grand public, les ordinateurs (notamment les serveurs) pour les professionnels. Or, le grand public est composé de «consommateurs» de contenu… mais aussi de créateurs de contenus ! Supposer que les consommateurs ne créent pas de contenu, c’est ignorer, entre autres, la mutation du Web 1.0 en Web 2.0 ou «Web social» ; c’est donc faire un bond de 10 ans en arrière. Enfin, le PC est traditionnellement un outil matériel que l’utilisateur peut adapter à ses besoins en choisissant les logiciels. Les tablettes sont différentes : il n’y a pratiquement aucune liberté en dehors de cette consentie par le fabricant. Par exemple, il est impossible de créer son propre logiciel et de l’installer sur un iPad «non-jailbreaké» (jailbreak : fait d’ôter les protection mises en place par le constructeur, visant à empêcher les utilisations logicielles non prévues du matériel), alors que c’est parfaitement possible avec un ordinateur (Windows, Mac, Linux ou autre).

Troisième information importante cette semaine : Google a racheté la division mobile de Motorola pour 12,5 milliards USD, obtenant ainsi la propriété de plus de 17 000 brevets. Google tente, par ce rachat, de se constituer un portefeuille de brevets qui devrait lui permettre d’affronter d’autres géants de l’informatique, tels qu’Apple, Oracle et Microsoft, sur le marché de l’informatique mobile (smartphones et tablettes). Rappelons en effet que le système d’exploitation mobile de Google, Android, utilise des technologies brevetées par d’autres sociétés, et que ces brevets freinent le développement du système. Ainsi, Microsoft gagne plus d’argent avec les royalties qui lui sont versées chaque fois qu’un smartphone sous Android est vendu, qu’en vendant son propre système d’exploitation modbile… Avec le rachat de la division mobile de Motorola, Google devrait s’affranchir de certains obstacles liés aux brevets et devenir plus compétitif sur le marché de l’informatique mobile. Malgré cela, ce rachat ne semble pas être bien accueilli par les marchés, probablement à cause du manque de clarté de la stratégie à long terme de Google.

• 741 mots • #Internet #neutralité #P2P #Google #Apple #Orange #bande passante #Web 2.0 #FAI #ANdroid #BitTorrent #PC #tablettes #Oracle #IBM #brevets #smartphones
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14 Août 2011

Les nouvelles intéressantes sont peu nombreuses cette semaine –vacances obligent– ; aussi, la revue du web sera brève.

Le groupe de hackers Anonymous a encore fait parler de lui cette semaine, d’abord en «piratant» le site Web du ministère de la défense syrien afin de dénoncer la répression sanglante dirigée par le régime contre le peuple, puis en subissant à son tour le «piratage» de son portail sur le Web par un groupe anonyme se présentant comme la «Syrian cyber-amy».

Tant qu’à parler de sécurité informatique, mentionnons la faille de sécurité dans iOS et Android découverte par une fillette de 10 ans. Le «truc» est vieux comme le monde l’informatique : pour altérer le fonctionnement d’un logiciel calculant des durées, il suffit de modifier l’heure interne de son ordinateur. Lassée d’attendre que son petit monde virtuel, créé dans un jeu de simulation, évolue, la fillette a déconnecté son appareil du réseau (afin de neutraliser le réglage de l’heure à distance), et a simplement avancé l’heure. De retour dans son jeu, son monde virtuel avait d’autant évolué que l’heure avait été avancée. Le changement de l’heure s’est répercuté sur d’autres logiciels de l’appareil. Mais s’agit-il vraiment d’une faille iOS et Android, et non plutôt d’une faille de ces applications ? C’est en effet aux développeurs de prévoir les situations dans lesquelles l’heure de l’appareil change (par exemple, lorsque l’utilisateur change de fuseau horaire).

En Nouvelle-Zélande, la riposte graduée se met progressivement en place. Aux États-Unis, le nombre de poursuives dirigées contre des utilisateurs des réseaux BitTorrent crève le plafond. Mais elles sont loin d’être toutes justifiées ; le bien fondé de celle dirigée contre un aveugle pour le téléchargement d’un film, par exemple, est vraiment douteux…

Nous en parlions la semaine dernière, l’encyclopédie Wikipedia manque de contributeurs. Jimmy Wales a annoncé cette semaine que l’encyclopédie en ligne comptait actuellement 82 000 auteurs (comprendre: auteurs réguliers) et se fixait pour objectif d’en recruter 5000 de plus en 2012. L’ergonomie du site sera revue, et ce ne sera pas un mal. En outre, l’un des objectifs du site est de diversifier les profils de ses auteurs (qui ont souvent tendance à être occidentaux, jeunes et geek).

Pour finir, parlons un peu de matériel. La rentrée devrait être intéressante, cette année, avec l’arrivée sur le marché d’un nouveau type d’appareils : les «UltraBooks». Il s’agit d’ordinateurs à mi-chemin entre les «NetBooks» et les «Laptops» traditionnels. Comme les ordinateurs portables traditionnels et contrairement aux NetBooks, les UltraBooks ont un écran de taille moyenne ou grande (12-14»), un clavier avec de larges touches (sans pavé numérique), un touchpad suffisamment grand, et surtout des composants internes puissants (du genre : disque SSD, Intel i3/5/7 + composant graphique Intel HD 3000, 4 Go de RAM). Mais contrairement aux ordinateurs portables traditionnels et à l’instar des NetBooks, ils ont une grande autonomie (batterie 6 cellules au moins), et ils sont fins et légers. Le fondeur Intel a récemment 300 millions de dollars dans le développement des UltraBooks. La première génération d’appareils devrait arriver en septembre 2011, et être suivie d’une deuxième génération début 2012. Ces appareils devraient être vendus aux alentours de 1000 euro. Alors, les tablettes ont-elles vraiment gagné la bataille, les PC appartiennent-ils au passé, comme certains le soutiennent, ou les UltraBooks (et les MacBook Air) prendront-ils la relève des portables classiques ?

• 566 mots • #téléchargement #propriété intellectuelle #piratage #sécurité #USA #Anonymous #iOS #Wikipedia #BitTorrent
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7 Août 2011

Au sommaire cette semaine : la riposte graduée arrive au Royaume-Uni, Google dans le collimateur des autorités européennes de régulation de la concurrence et les suites de l’affaire Rojadirecta aux États-Unis.

La riposte graduée arrive au Royaume-Uni, le législateur britannique ayant semble-t-il, comme le législateur français avant lui, cédé sous la pression des majors de l’industrie culturelle. Outre la riposte graduée, le filtrage DPI est envisagé pour le futur. Dans le cadre de la «modernisation» du droit de la propriété intellectuelle, le droit anglais va également se doter de nouvelles exceptions au monopole patrimonial de l’auteur sur son œuvre. Ainsi, une exception pour la copie privée devrait faire son apparition. Rappelons qu’une telle exception existe déjà en droit français : les tiers n’ont aucun «droit» à la copie privée à faire valoir à l’encontre de l’auteur, mais il peuvent soulever une exception de copie privée comme moyen de défense s’ils sont accusés de contrefaçon.

Google, le géant américain aux 900 000 serveurs, ferait l’objet d’une enquête de la Commission européenne pour abus de position dominante. Par ailleurs, l’opérateur a ouvert en France son service de VoIP intégré à Gmail, qui entre donc en concurrence directe avec le leader du marché, Skype (récemment racheté par Microsoft).

Aux États-Unis, un juge a statué sur la «contre-offensive» menée par le site espagnol Rojadirecta (v. n°43 et n°62) : la privation du bénéfice d’un nom de domaine ne constitue pas, en l’espèce, une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression, le site demeurant accessible grâce à d’autres noms de domaine. La décision se comprend, car il est vrai que la privation des noms de domaine en .org et .com n’a pas empêché la diffusion du site. Toutefois, la question de l’hégémonie américaine dans la gestion des extensions org, com et net demeure. En outre, s’il s’était agi d’un site américain privé d’un nom de domaine en .com par une décision de justice espagnole, il est plus que probable que le juge américain aurait conclu à l’existence d’une atteinte au 1er amendement et qu’il aurait refusé l’exequatur de la décision étrangère.

L’encyclopédie collaborative Wikipédia est en manque de contributeurs. Contrairement aux encyclopédies classiques, rédigées par des spécialistes reconnus, la force de Wikipédia réside dans
le grand nombre de ses auteurs : il y aura toujours quelqu’un pour corriger une erreur, ou pour apporter une information récente manquante. Mais voilà, les lecteurs se transforment de moins en moins en auteurs : lorsqu’ils rencontrent une information erronée, ils passent leur chemin sans en tenir compte, au lieu de modifier la page pour rétablir la vérité. Les causes de ce phénomène sont multiples, mais il y a fort à parier que l’interface peu ergonomique du site, ainsi que l’horrible syntaxe Wiki, dissuadent de nombreux contributeurs potentiels.

• 469 mots • #propriété intellectuelle #Google #filtrage #DPI #Hadopi #liberté d'expression #concurrence #régulation #Wikipedia #partage #culture