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Sic Itur Ad Absurdum

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30 Oct 2011

L’affaire The Pirate Bay a connu un nouveau rebondissement, cette semaine, avec la décision de la justice finlandaise ordonnant le blocage du site. Rappelons que The Pirate Bay fut pendant plusieurs années le plus gros tracker (c’est-à-dire agrégateur) de fichiers torrent permettant de télécharger données sur un réseau P2P. Le blocage du site en Finlande fait suite à une série d’autres décisions de blocage, dans différents pays européens. Pour autant, la mesure ne sera pas très efficace : d’abord, le site sera toujours accessible grâce à des techniques de contournement comme l’utilisation d’un VPN ou directement par le biais de miroirs ; ensuite, The Pirate Bay n’est plus le principal tracker depuis longtemps ; enfin, le P2P appartient au passé, le téléchargement direct occupe la première place des techniques utilisées pour se procurer des fichiers contrefaisants depuis plusieurs années. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le patron de Gaumont voudrait que la Hadopi s’intéresse aux sites de streaming, et que les fournisseurs d’accès acceptent plus volontiers de les bloquer. Même son de cloche aux USA, avec la proposition de loi E-PARASITES Act (anciennement PROTECT IP Act) qui propose notamment de revenir sur le régime de responsabilité des intermédiaires du DMCA de 1998 afin de favoriser le filtrage des sites diffusant des fichiers contrefaisants.

Google a mis à jour les données relatives aux demandes d’informations ou de retrait émises par les gouvernements. En France, le nombre de demandes d’identification des internautes a augmenté de 27% ces six derniers mois. En revanche, le nombre de demandes de retrait est beaucoup plus faible : 9 demandes de janvier à juin 2011. Google précise qu’elle ne répond pas favorablement à toutes les demandes, qui doivent reposer sur une base légale.

Considérant, sans doute, que les citoyens ne sont pas assez surveillés sur les réseaux sociaux, un député UMP a proposé, cette semaine, de permettre à l’Hadopi de surveiller Facebook afin de contrôler les groupes extrémistes ou jugés potentiellement dangereux pour les enfants. Sur le fond, une telle surveillance serait trop large pour ne pas être attentatoire à la liberté d’expression ; sur la forme, il n’appartient à l’Hadopi de l’effectuer, sa mission se limitant à la protection des droits de propriété intellectuelle.

Le décret du 25 février 2011 sur la conservation des données de connexion devrait être modifié. Il prévoyait en effet l’obligation pour les intermédiaires de conserver les mots de passe des utilisateurs («g) Le mot de passe ainsi que les données permettant de le vérifier ou de le modifier, dans leur dernière version mise à jour»), ce qui était malheureux. En effet, d’une part, les mots de passe ne sont pas des données de connexion permettant d’identifier l’internaute puisque, par hypothèse, ils sont privés et secrets. D’autre part, une telle obligation imposait aux intermédiaires de stocker les mots de passe en clair alors qu’ils sont habituellement stockés sous forme chiffrée. Plus précisément, la technique la plus courante consiste à créer une chaîne de hachage (hash) qui identifie le mot de passe de manière unique, mais à partir de laquelle il n’est pas possible de retrouver le texte en clair. CEtte chaîne est stockée sur les serveurs, et comparée à la chaîne générée lorsque l’utilisateur fournit son mot de passe de connexion. La chaîne de hachage est, en quelque sorte, l’empreinte digitale du mot de passe. Le nouveau texte devrait prévoir la conservation des «données permettant de vérifier le mot de passe ou de le modifier, dans leur dernière version mise à jour». La chaîne de hachage, qui permet de vérifier l’exactitude du mot de passe, mais qui n’est pas le mot de passe en soi, est donc visée. Cette modification du décret est la bienvenue.

Décision importante de l’exécutif espagnol : les données publiques seront soumises à une licence libre et ouverte et toute restriction devra être justifiée. Il est heureux que l’Espagne suive le mouvement de l’open data en protégeant par une licence libre les données publiques qui doivent être accessibles à tous.

• 672 mots • #Internet #téléchargement #propriété intellectuelle #responsabilité #Google #gouvernement #Facebook #filtrage #réseaux sociaux #piratage #surveillance #Hadopi #USA #Espagne #FAI #intermédiaires #streaming
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23 Oct 2011

Au sommaire cette semaine, un intéressant rapport de la Hadopi en matière de filtrage, les évolutions du principe de neutralité du Net au niveau européen, et l’actualité de la protection des données personnelles.

Hadopi - Propriété intellectuelle

Sans grande surprise, les recours du FDN et d’Apple contre la loi Hadopi ont été rejetés par le Conseil d’État. Beaucoup plus étonnant, en revanche, les Labs Hadopi ont publié un livre vert rejetant en bloc le filtrage du réseau. Selon la Hadopi, le filtrage est inefficace et attentatoire aux libertés fondamentales (liberté d’expression, droit au respect de la vie privée, protection des données personnelles) et, surtout, sa mise en oeuvre en France constituerait un mauvais exemple qui pourrait être repris ailleurs dans le monde, notamment dans des pays gouvernés par des régimes totalitaires.

Neutralité du Net

La filiale polonaise du fournisseur d’accès allemand T-Mobile envisage de filtrer les publicités sur les sites web, afin de réduire la consommation de bande passante. Il s’agit là d’une atteinte claire à la neutralité du Net, puisqu’il y a sélection en fonction du contenu de la communication. En France, un député propose d’encadrer l’insertion d’adwares dans les logiciels. Il s’agit, là aussi, d’une attaque contre la publicité, mais celle-là est parfaitement légitime. En effet, les adwares s’installent habituellement (sous Windows) avec d’autres logiciels, sans prévenir l’utilisateur. La moindre des choses serait donc de prévenir l’utilisateur, voire de lui donner la possibilité de ne pas installer les adwares accompagnant un logiciel.

A Bruxelles, la question de la neutralité du Net avance. Le Parlement européen a en effet adopté une résolution en faveur de la neutralité du net. Le texte est disponible sur le site de la Quadrature du Net et du Parlement européen (PDF).

Vie privée et données personnelles

En France, la CNIL envisage l’élaboration de règles relatives à la protection des données personnelles spécifiques au cloud computing. Elle lance une consultation publique. Il est vrai que le cloud computing, qui suppose la délocalisation des données (notamment en dehors de l’UE), soulève des questions nouvelle. Toutefois, il ne faut pas oublier que les données personnelles protégées sont celles qui se rapportent à une personne. Pour d’autres documents, tels que les fichiers professionnels, d’autres mécanismes de protection interviennent (par exemple, le secret des correspondances ou la sanction des intrusions dans les systèmes informatiques).

Le moteur de recherche de Google adopte le protocole sécurisé https. Cela signifie qu’il ne sera plus possible à des tiers de savoir ce qu’un internaute recherche sur Google : entre l’ordinateur de l’internaute et les serveurs de Google, le message sera chiffré. Par ailleurs, Google a finalement décidé d’accepter les pseudonymes sur son réseau social Google+, auquel l’entreprise compte intégrer son lecteur de fils RSS Google Reader.

Facebook, de son côté, se trouve au centre d’une nouvelle polémique. En effet, Facebook ne se contenterait pas de stocker les données de ses membres (ce qui légitime, puisque le stockage intervient à la demande des membres), mais aussi des personnes étrangères au réseau social mais reliées d’une manière ou d’un autre à l’un de ses membres. Facebook constituerait ainsi des «shadow profiles» sur des personnes non-inscrites, dans l’attente de leur inscription. Par ailleurs, en Allemagne, Facebook fait l’objet d’un ultimatum : la société américaine a jusqu’au 7 novembre pour se conformer à la législation locale (c’est-à-dire, peu ou prou, aux règles européennes relatives à la protection des données), faute de quoi les autorités allemandes l’actionneront en justice. Il est reproché à Facebook de ne pas respecter la loi allemande dans le cadre de son service de reconnaissance biométrique.

• 607 mots • #neutralité #propriété intellectuelle #Google #vie privée #données personnelles #Facebook #filtrage #Hadopi #liberté d'expression #bande passante #Cloud #Europe #CNIL
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16 Oct 2011


Affaire Copwatch

L’on a beaucoup parlé, cette semaine, de l’affaire Copwatch. «Cop» signifie «policier» en anglais, et «watch», «surveiller» ou «surveillance». Copwatch est un site dont le but est de surveiller les policiers français travaillant dans certaines banlieues, dans le but de dénoncer les abus d’autorité. Un tel site aurait été licite s’il n’avait pas porté atteinte au droit à la vie privée des policiers en publiant leurs données personnelles. Le ministre de l’intérieur a donc assigné les principaux FAI français devant le juge des référés, afin d’obtenir le blocage du site. Face à une telle assignation, le juge des référés, qui constate le caractère apparent de l’illicéité et l’urgence de la mise hors ligne du site litigieux, prend une décision temporaire, dans l’attente d’un jugement au fond sur la licéité du site. Mais quelles mesures techniques doit-il ordonner ? C’est là tout le problème, et l’affaire Copwatch l’illustre parfaitement. Dans l’assignation, le ministre de l’intérieur ne demandait pas la mise hors ligne du site entier, mais simplement des pages contenant des données personnelles de policiers (les autres pages étant a priori licites). Le filtrage a donc été envisagé : la technique permet un blocage très sélectif, en fonction du contenu. Cependant, le filtrage est très coûteux pour les FAI. Ceux-ci ont donc demandé au juge, et obtenu de lui, une décision de blocage de l’ensemble du site.

Lorsqu’on parle de blocage ou de filtrage, il faut comprendre les enjeux et faire un choix entre sur-blocage et sous-blocage. On peut choisir des mesures de blocage agressives, par exemple le blocage DNS ou IP, et ainsi s’assurer que le site sera bien bloqué. Dans ce cas, toutes les pages seront bloqués, qu’elles soient licites ou non. Les mesures techniques sont simples, peu coûteuses et efficaces, mais l’atteinte à la liberté d’expression est maximale. On peut aussi choisir le filtrage DPI, qui est encore plus efficace. Dans ce cas, les mesures sont très coûteuses à mettre en oeuvre, et l’atteinte à la vie privée des internautes est maximale (puis qu’il y a une analyse du contenu des communications), mais la liberté d’expression est sauvegardée (puisque seuls les contenus illicites sont bloqués). On peut enfin choisir de dresser une «liste noire» des pages à bloquer. Dans ce cas, liberté d’expression et protection de la vie privée sont respectées, mais la mesure peut facilement être contournée par l’auteur du site bloqué.

En l’espèce, quoi qu’en disent les FAI, le filtrage DPI n’était pas nécessaire. Celui-ci est notamment utile pour empêcher la diffusion de fichiers contrefaisants, lorsqu’on ne peut pas identifier ex ante les contenus à bloquer. Mais en l’occurrence, les contenus illicites étaient précisément identifiés, et il aurait été parfaitement possible d’utiliser un blocage par liste noire. En outre, la facilité de contournement d’une telle mesure de blocage n’aurait pas été un inconvénient puisque, par hypothèse, la décision de référé ordonne des mesures temporaires dans l’attente d’une décision sur le fond. Le temps que les mesures soient contournées, la décision sur le fond peut intervenir. Le blocage de l’ensemble du site, contenus licites inclus, à titre préventif, semble donc excessif.

Le droit de lire

Christine Albanel, la ministre de la culture à l’origine de la loi Hadopi, invente un nouveau concept : le «droit de lecture». Explication : lorsqu’on achète un livre, l’objet matériel, on devient propriétaire de ce bien, encre et papier, tandis que l’auteur conserve les droits de propriété intellectuelle sur l’oeuvre littéraire. Pour un livre numérique, en revanche, on n’acquiert rien de tangible. Plutôt que de «vendre» des livres numérique, les opérateurs pourraient, selon Albanel, vendre un «droit de lecture» de l’oeuvre. Si la ministre estime que les opérateurs sont les mieux placés pour décider ce que les gens ont le «droit de lire», il n’est alors pas étonnant qu’elle déplore que les autorités de régulation françaises et européennes protègent les consommateurs face aux abus des grands groupes industriels.

Le concept est fort intéressant, il faut l’avouer. Peut-être pourrait-il être étendu, en cas de succès, au «droit de manger», au «droit de respirer» ou au «droit d’exister» ? Plaisanterie mise à part, il s’agit d’un nouveau pas vers le «verrouillage» de la culture, au détriment de l’intérêt général et au profit (financier) exclusif des titulaires de propriété intellectuelle. Il s’agit également du pire cauchemar de Richard Stallman. Et du notre…

Vente liée matériel/logiciel

Microsoft a bâti son empire sur le système d’exploitation Windows. Aujourd’hui, la société est en position dominante sur le marché des systèmes d’exploitation. La plupart des fabricants de matériel vendent des ordinateurs équipés de Windows. Il s’agit, selon certains, d’une vente liée interdite en droit français par le Code de la consommation. Certains vendeurs offrent donc la possibilité au consommateur de refuser la licence Windows et d’obtenir le remboursement d’une partie du prix du matériel, la vente est alors «déliée» par compensation. Mais il y a un problème : les versions de Windows pré-installées, dites «OEM», ne sont pas facturées aux constructeurs au même prix que les versions publiques de Windows, que l’on peut acheter en boîte dans les grands magasins. Comment, dès lors, connaître le prix exact d’une machine, lorsqu’on prévoit de demander le remboursement de la licence Windows ? C’est rarement possible.

S’ajoute à cela un autre élément : la vente liée n’est pas interdite par le droit communautaire, qui protège seulement les consommateurs contre certaines pratiques abusives. Dans ce contexte, est-il abusif de vendre un ordinateur avec Windows pré-installé, sans indiquer la part du prix attribuable au logiciel ?

Dans un arrêt important, rendu cette semaine, la Cour de cassation a répondu positivement à cette question. En jugeant que «la société Darty n’avait pas à fournir au consommateur les informations relatives aux conditions d’utilisation des logiciels et pouvait se borner à identifier ceux équipant les ordinateurs qu’elle distribue», «alors que ces informations, relatives aux caractéristiques principales d’un ordinateur équipé de logiciels d’exploitation et d’application, sont de celles que le vendeur professionnel doit au consommateur moyen pour lui permettre de prendre une décision en connaissance de cause», la Cour d’appel a violé l’article L. 121-1 du Code de la consommation, interprété à la lumière de la directive européenne 2005/29.

• 1033 mots • #propriété intellectuelle #vie privée #filtrage #surveillance #Hadopi #liberté d'expression #Orange #FAI #régulation #livres #jurisprudence #culture #Microsoft #Windows #vente liée
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9 Oct 2011

Cette semaine est marquée par un triste événement, le décès de Steve Jobs, fondateur et patron visionnaire d’Apple. Jobs, partant de rien, a créé avec Steve Wozniak le premier ordinateur Apple dans un garage de la Silicon Valley. La société a rapidement grandi, jusqu’à la sortie du premier Macintosh, ordinateur devenu par la suite mythique. Apple a du lutter contre les géants du secteur, d’abord IBM puis Microsoft, et a bien failli disparaître dans les années 90. A cette époque, Jobs ne travaillait plus pour Apple. Son retour a marqué le renouveau de la société, et la sortie de produits désormais célèbres : le premier iMac tout en rondeurs, l’iMac «Tournesol», la gamme des iBook et PowerBook, puis des portables MacBook et dernièrement les ultraportables MacBook Air que le monde PC tente de copier, l’iPod et ses déclinaisons (Nano, Shuffle, Touch…), l’iPhone, l’iPad. Le génie de Jobs résidait dans sa capacité à se mettre à la place des consommateurs, à deviner ce qui pourrait leur plaire dans un produit, et à créer des besoins (et pour preuve, nous n’avions pas besoin d’iPhone… avant d’en avoir un !).

L’autre information importante de la semaine est la primaire socialiste, dimanche 9. Le Net français s’agite un peu, à ce propos, en comparant les positions prises par les candidats à propos de la très controversée loi Hadopi. La position la moins claire est celle de F. Hollande. Essayons d’y voir plus clair. Le candidat a d’abord dit qu’il souhaitait conserver l’autorité administrative Hadopi (et donc, la loi), tout en la modifiant en mettant l’accent sur la dissuasion (au lieu des sanctions) et en créant un dispositif destiné à la rémunération des artistes. Face à la colère d’une partie des internautes, Hollande fit marche arrière en assurant qu’il entendait abroger la loi Hadopi et instaurer, en lieu et place de la riposte graduée, une faible taxe sur les abonnements à Internet. Il s’agissait donc d’une forme de licence globale, destinée à rémunérer les artistes. Et puis, nouveau revirement en début de semaine : non à la licence globale, parce que payer une taxe ne donne pas de droit à la contrefaçon. Quoi que, jeudi, Hollande promettait à nouveau d’abroger Hadopi, à l’antenne de France Inter, parce que la loi est «incomprise» et qu’il faut mettre un terme au mouvement de pénalisation initié par la droite. Au final, la position du candidat est très ambigüe : abrogation ou modification de la loi Hadopi, nouveau système plus pédagogique, mais pas de licence globale… on peine à voir quel sera le résultat.

De son côté, Martine Aubry affirme qu’elle suivra la ligne définie par le programme officiel du PS, sans en dévier : l’abrogation des lois pénales dans le domaine de la culture. La candidate propose de remplacer la loi Hadopi par une rémunération proche de la licence globale dans son fonctionnement. On approuvera l’idée, avec une réserve : la rémunération doit avoir pour but de favoriser la création et la diffusion de la culture (tel est le but premier du droit de la propriété intellectuelle), et non l’enrichissement des majors de l’industrie culturelle.

Arnaud Montebourg propose de créer une taxe touchant notamment les fournisseurs d’accès, afin de financer des mesures destinées à favoriser la culture.

Manuel Valls s’engage à abroger Hadopi, et à créer une licence globale. La taxe sur les fournisseurs d’accès devrait permettre de finance le secteur de la culture.

S’agissant de la loi Hadopi, Ségolène Royal parle d’une loi «dépassée et périmée», qu’elle se propose d’abroger et de remplacer par un système permettant une juste rémunération des artistes. En revanche, la candidate précise que ce système n’est pas forcément une licence globale.

Enfin, candidat radical Jean-Michel Baylet propose la création d’une licence globale, reposant sur une taxe d’un montant compris entre 5 et 10 euro par mois.

En somme, les candidats s’entendent sur deux points : 1) la loi Hadopi doit être abrogée ou modifiée, car le système qu’elle instaure, fondé sur la répression, ne convient pas ; 2) il faut inventer un système de rémunération des artistes qui favorise à la fois la création culturelle (rémunération des créateurs) et l’accès à la culture (dépénalisation du téléchargement). Reste à préciser les détails de ce nouveau système.

• 718 mots • #Internet #téléchargement #propriété intellectuelle #Hadopi #licence globale #politique #culture #contrefaçon #pénal
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2 Oct 2011

Alors que Google+ dépassait cette semaine les 50 millions de membres, le géant du secteur des réseaux sociaux, Facebook, se trouvait au coeur d’une polémique sur les cookies traçeurs, suivant l’activité des membres même lorsque ceux-ci sont deconnectés. La polémique prenant rapidement de l’ampleur, Facebook a dû revoir en vitesse son utilisation des cookies traçeurs.

En France, la LICRA a assigné Apple en référé pour obtenir le retrait de l’application «Juif ou pas juif» qui est, selon la demanderesse, contraire à la loi française. Apple avait déjà réagi aux plaintes visant cette application en la retirant de la boutique iTunes France. L’application restait cependant disponible dans les boutiques iTunes d’autres pays, et surtout sur les appareils des personnes l’ayant achetée avant son retrait en France. La LICRA demande donc le retrait à distance de l’application des terminaux sur lesquels elle est installée… encore une preuve que les «tethered appliances» de Jonathan Zittrain sont partout !

L’on a parlé à nouveau, cette semaine, du filtrage administratif des sites ne respectant pas le Code de la consommation, tandis qu’un député de la majorité envisageait le filtrage généralisé par les FAI, les députés socialistes demandaient l’arrêt du filtrage du Net dans l’attente d’un rapport public sur les effets qu’il engendre. Dans le même temps, l’Assemblée nationale rejetait un amendement de loi visant à faire de l’accès à Internet un droit fondamental.

Pour l’Hadopi, qui publie les chiffres de la riposte graduée et annonce avoir envoyé 650 000 mails d’avertissement, le prochain combat a mené a pour cible les sites de streaming. La haute autorité envisage donc d’identifier les sites «manifestement destinés au piratage» (sic) en établissant un ratio de contenus licites et illicites, afin de demander par la suite leur blocage aux FAI. Pour la majorité présidentielle (re-sic), la riposte graduée c’est l’avenir, tandis que la licence globale (qui n’a jamais été mise en oeuvre) appartient au passé. Pourtant, la rémunération pour la copie privée, qui repose elle aussi sur le principe de mutualisation, est toujours valable selon l’UMP, qui envisage de l’étendre des supports de stockage aux terminaux d’accès.

Pour finir sur une note positive, disons que l’Assemblée nationale a voté le tarif social du Net, mesure destiné à permettre aux personnes défavorisées d’avoir un accès au réseau à bas prix. Reste à voir comment la mesure sera mise en oeuvre en pratique.

• 408 mots • #Internet #Facebook #filtrage #réseaux sociaux #piratage #Hadopi #FAI #streaming #licence globale
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25 Sept 2011

Deux événements majeurs marquent l’actualité des nouvelles technologies de la semaine passée.

Il s’agit d’abord de la décision de Microsoft d’imposer le démarrage sécurisé («secured boot»), intégré dans l’UEFI et dans le matériel, pour les ordinateurs qui prétendent à la certification de compatibilité avec Windows 8. La mesure a pour but officiel d’empêcher des logiciels malveillants de s’installer dans le processus de démarrage de l’ordinateur, où ils sont hors de portée des logiciels anti-virus. Officieusement, le but inavoué de Microsoft est plus probablement de rendre plus difficile l’installation de systèmes d’exploitation concurrents à Windows sur PC et, surtout, sur les tablettes. Un article sur Valhalla.fr est consacré à cette actualité.

Microsoft, qui a perdu 9 milliards de dollars avec Bing peine à concurrence Google sur le marché des moteurs de recherche. L’avenir de l’entreprise semble donc bien dépendre de la pérennité de son monopole sur le marché des systèmes d’exploitation. De manière très habile, Microsoft projette donc d’ouvrir une boutique d’applications pour Windows, comme Apple l’a fait pour Mac OS X, en prélevant 30% du prix de chaque logiciel vendu. Avec une telle boutique, Microsoft s’assure des revenus constants, tout en augmentant la sécurité (on peut supposer qu’il n’y aura pas de virus sur l’App Store de Microsoft…) et l’attractivité de Windows.

La deuxième information importante de la semaine est l’ouverture publique du réseau social Google+(en). Le réseau a rapidement acquis une grande popularité, créant un «buzz» après son ouverture en closed beta. Il semblait toutefois être, depuis quelques temps, en perte de vitesse ; mais rien d’étonnant pour une closed beta. L’avenir dira si Google+ est en mesure de faire de l’ombre à Facebook ; les précédentes tentatives de Google pour s’introduire sur le marché des réseaux sociaux (Google Buzz, Google Wave…) ont été des échecs, et l’entreprise a pris un retard certain sur ses concurrents.

Par ailleurs, Google est mise en difficulté sur le marché de la recherche en ligne, aux États-Unis, par une enquête anti-trust du Sénat. Google est accusée d’abus de position dominante en «truquant» certains résultats de recherche(en) en faveur de ses propres produits.

Propriété intellectuelle

Passons aux autres informations de la semaine. Aux États-Unis, l’affaire Joel Tenenbaum se poursuit (il s’agit de l’une des affaires de «téléchargement illicite» les plus célèbres outre-Atlantique), avec une nouvelle condamnation du prétendu «pirate». S’agissant encore de propriété intellectuelle, en France cette fois, après une défaite en justice contre Deezer, Universal aurait accepté de signer un accord avec le site de streaming pour mettre fin au litige né de la diffusion gratuite de son catalogue musical. Le streaming est décidément en vogue… l’ancien réseau Kazaa renaît sous forme d’un service légal de streaming, après sa condamnation par la Cour suprême dans l’affaire «Grokster».

Neutralité du net

Aux États-Unis, les règles de la FCC(en) visant à garantir une certaine neutralité du Net entreront en vigueur le 20 novembre 2011.

Données personnelles

La CNIL a adressé un avertissement à la société PagesJaunes qui édite le site pagesblanches.fr. Ce site avait en effet «aspiré» des données personnelles d’internautes depuis les pages publiques des réseaux sociaux, pour les insérer sur son propre site. Rappelons que le fait que des données soient publiques ne les prive pas de leur qualification de données personnelles, et n’exonère pas le responsable du traitement du respect des obligations qui lui incombent en vertu de la loi Informatique et Libertés.

• 580 mots • #neutralité #téléchargement #P2P #propriété intellectuelle #Google #données personnelles #linux #Facebook #réseaux sociaux #sécurité #FCC #concurrence #streaming #tablettes #Microsoft #Windows #CNIL
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22 Sept 2011

Une information agite la communauté Linux depuis le début de la semaine: les ordinateurs "certifiés Windows 8", dotés du petit autocollant Microsoft, ne pourraient se défaire de Windows. • 828 mots • #Informatique #Linux #Windows #Microsoft