Test du Pico 2 de YellowKiss. La première version était décevante, n'ayant pour elle que son esthétique. Qu'en est-il de cette seconde itération ? Une amélioration est certes perceptible mais le bilan, on le verra, est mitigé.

La review de la première version du Pico que j’avais réalisée l’été dernier était assez assassine. Je concluais que cet atomiseur était quasiment inutilisable en raison des fuites de liquide dues à une mauvaise conception. Il s’agissait cependant d’un clone, non de l’original. Cette anneé, je teste le Pico v2 original, de YellowKiss.

Appréciation et note finale
Qualité de fabrication 7/10
Solidité 5/10
Apparence 10/10
Plateau de montage 5/10
Airflow 6/10
Arrivées de liquide 9/10
Restitution des saveurs 9/10
Packaging et spare parts 7/10
Prix 5/10
Accessoires 7/10
Note finale 70/100

Esthétique magnifique

L’esthétique du Pico est magnifique, en particulier sur les mods tubulaires 22mm. La photo ci-contre le représente sur un Pipeline Pro 3 DLC ; l’ensemble est non seulement léger et peu encombrant, mais aussi tout simplement magnifique ! Malheureusement, l’esthétique est probablement le seul véritable argument du Pico 2…

Bonne qualité de vape

Le Pico 2 est un atomiseur reconstructible orienté saveurs et vape “classique” en mouth-to-lung. Il convient parfaitement aux montages simples, par exemple 5 ou 6 spires de kanthal 0,3mm. Oubliez les fils élaborés, comme les clapton, et la vape en inhalation directe : l’étroitesse de la chambre d’atomisation et des airflow ne le permet pas.

Cela étant dit, pour ceux qui ont l’habitude de la vape “classique”, autour de 20 watts, avec pour ambition d’obtenir une bonne restitution des saveurs des liquides, le Pico fera l’affaire. L’étroitesse de la chambre d’atomisation devient un avantage : il permet une concentration de la vapeur, donc des saveurs.

Fragilité relative

Le Pico 2 est très bien réalisé. Il est clair qu’il s’agit d’un atomiseur high end, à la fabrication très soignée. Les parois extérieures sont solides, les pas de vis précis. Toutefois, l’intérieur de l’atomiseur semble être plus fragile. En particulier, les vis du plateau sont petites, rien à voir avec les atomiseurs allemands ou suisses ! De même, la cloche en PEEK est dotée d’un pas de vis très fin, que l’on évitera donc de trop solliciter.

Il ne s’agit pas là de défauts, d’excellents atomiseurs –tels que ceux d’Imeo, notamment le Tilehamos– ont des filetages très fins. On reconnaîtra tout de même que pour une atomiseur à usage quotidien, on est plus rassuré avec les pas de vis énormes et solides de StattQualm ou de Taifun !

Quelques options

Le Pico 2 est livré avec un tank en PMMA et une cloche en PEEK que l’on peut remplacer par des pièces en Ultem. Ce matériau est connu pour être sain (utilisé en médecine), solide et résistant à la châleur. La photo ci-dessus montre le tank en Ultem, la chambre étant celle d’origine (en PEEK). Le tank en Ultem est une bonne solution pour utiliser des liquides agressifs, dits tank crackers, tels que le SnakeOil.

En revanche, le Pico 2 est fourni sans drip-tip.

Conception datée

Le principal reproche que j’adresserai au Pico 2 concerne sa conception : elle emploie les meilleures idées de 2015, en dépit de quelques améliorations par rapport à la version 1… mais nous sommes en 2017 ! Formulons d’abord quelques reproches, avant de voir les améliorations.

Quelques reproches

La bague d’airflow admet 4 positions : de 1 à 4 trous. C’est une bonne chose. Cependant, il est nécessaire de démonter l’atomiseur pour changer la position, ce qui est peu pratique. En outre, contrairement aux atomiseurs plus modernes, le Pico 2 ne prévoit aucun réducteur d’airflow au niveau du plateau de montage.

Le remplissage se fait par le haut, ce qui est assez pratique. Toutefois, il faut retirer le top cap et insérer l’embout de son flacon de liquide dans de petits trous. C’est moins pratique que d’autres systèmes, tels que celui du Squape E-Motion.

Enfin, principal reproche, le plateau n’est pas vissé à la base mais maintenu en place par le réservoir. Lorsqu’on retire le réservoir pour accéder au montage, le plateau n’est plus fixé. Dans ces conditions, reconstruire le montage est très pénible. En outre, la connexion au plot positif du mod ou de la box n’est assurée qu’en vissant à fond la cloque en PEEK… il faut le savoir ! Je n’ai pas l’habitude de visser à fond les parties qui ne sont pas réalisée en métal ou qui contiennent un joint, afin de ne pas les abimer. J’ai donc peiné à résoudre le défaut de connexion et à voir disparaître de ma box le message check atom

Du mieux

Certaines améliorations par rapport au Pico 1 sont à noter.

Les trous de remplissage de liquide ont un diamètre plus grand, qui suffit largement avec les flacons 10ml devenus courants depuis la TPD. Il est cependant permis de se demander pourquoi le constructeur a persisté à faire quatre petits trous au lieu d’un seul grand trou…

Les arrivées de liquide vers le montage sont placées plus bas sur la cloche. Très bien ! C’était l’un des principaux défauts du Pico 1 : les trous étaient trop hauts, si bien que l’on risquait le dry hit avec un réservoir encore plein au tiers. Ce problème a désormais disparu. On notera au passage que le coton ne sort plus par ces trous : on le place désormais dans de petites rigoles, comme sur les Taifun.

Il est en outre possible d’accéder au montage sans vider le réservoir. Toutefois, en raison de la conception du Pico 2, il est impossible de réinsérer le plateau après l’avoir retiré tout en maintenant le coton serré contre les arrivées de liquide. Il faudra donc veiller à mettre suffisamment de coton lors du premier montage de la résistance, afin de prévoir les futurs retraits du plateau.

Enfin, last but not least, contairement à sa première itération, le Pico 2 ne fuit pas en situation normale et produit peu de condensation. C’est donc un atomiseur assez sûr et agréable à utiliser en déplacement !

Conclusion

Le Pico est l’un des atomiseurs les plus sexy qui soient. C’est aussi un atomiseur très bien fabriqué et permettant une excellente restitution des saveurs des liquides. Pour autant, sa conception est datée et vise exclusivement la vape en mouth-to-lung ; sa reconstruction est pénible et fastidieuse. Au prix auquel il est proposé (près de 150 euro), le Pico est donc un bon atomiseur que l’on conseillera aux fans de vape et aux collectionneurs, mais que l’on déconseillera à monsieur-tout-le-monde qui préférera sans doute un atomiseur plus facile à reconstruire.

À Montpellier, le vendredi 18 août 2017