Test du Pico, atomiseur reconstructible par Yellowkiss (clone). Le Pico est un atomiseur d'un autre temps ; il privilégie la restitution des saveurs mais son tirage est insuffisant. En outre, s'il est petit par la taille, il est grand par les fuites de liquide...

Appréciation et note finale
Qualité de fabrication 5/10
Solidité 5/10
Apparence 7/10
Plateau de montage 4/10
Airflow 3/10
Arrivées de liquide 3/10
Restitution des saveurs 7/10
Packaging et spare parts 6/10
Prix 3/10
Accessoires 2/10
Note finale 45/100

Le Pico est un atomiseur reconstructible par Yellowkiss qui a prétend avoir deux arguments : la taille et la restitution des saveurs. La taille, il est vrai, est très petite : 2,9 centimètres sans drip tip, pour une contenance honorable de 3 ml de liquide. Cela dit, le liquide, il le contient mais il ne le retient pas… C’est bien son principal problème. Quant à la restitution des saveurs, elle est bonne sans être exceptionnelle. Un Kayfun ou un Hurricane font bien mieux. Mais surtout, le Pico correspond à un style de vape qui, bien qu’ayant encore des inconditionnels, n’est plus à l’ordre du jour en 2016. Enfin, la conception est datée, on fait plus pratique à reconstrurie de nos jours.

Un style de vape (trop) fermé qui ne correspond plus aux standards actuels

Commençons par parler un peu du style de vape, car c’est le plus important. Je n’ai pas eu l’occasion de tester cet atomiseur longtemps, car il fuit tellement que son usage en déplacement devient impossible. J’y reviendrai.

Le Pico est doté de 3 trous d’airflow et d’une très petite chambre. La réunion de ces deux éléments donne un tirage très serré qui correspond, peu ou prou, à celui d’un Kayfun V3 ou d’un Russian 91%. Autant dire que c’est une vape en mouth-to-lung (MTL) obligatoire, qui ne correspond plus à ce qui se fait en 2016. Aujourd’hui, les habitudes ont changé et les airflow sont plus grands sur tous les atomiseurs. Même SvoëMesto s’y est mis avec le Kayfun 5, de même qu’e-Phoenix avec le Hurricane Junior.

Pico: Airflow

Mon style de vape se situe entre le MTL et l’inhalation directe. Le vape comme je respire, sans tirer trop fort ni retenir ma respiration. Avec le Pico, je ne peux pas respirer normalement, l’arrivée d’air est insuffisante. C’est clairement un tirage de cigarette véritable, très serré. Il y a probablement encore des adeptes d’un tel style de vape, mais tel n’est pas mon cas.

Le style de vape du Pico ne m’a pas convaincu, mais c’est une question de goût et je n’ai pas de critique objective à faire. En revanche, la conception du Pico laisse grandement à désirer.

Une conception maladroite et peu convaincante

Le style de vape du Pico ne correspond plus aux standards du moment, la conception de l’atomiseur non plus. Aucune des dernières innovations n’est présente.

Remplissage peu aisé

Le remplissage, d’abord, est pénible. Il faut obligatoirement une seringue ou une bouteille avec une pointe très fine, ce qui réserve le Pico à un public avancé équipé des outils pour préparer ses propres liquides (DIY). Le commun des mortels achetant ses flacons à pipette ne pourra pas remplir le Pico. Il y a ici deux erreurs de conception. La première est les 4 trous de remplissage sous le top cap (remplissage par le haut, donc) qui sont minuscules. Pourquoi avoir fait 4 petits trous au lieu d’un seul grand trou ? C’est un choix idiot. Le second problème réside dans l’impossibilité de démonter le Pico lorsqu’il contient encore du liquide ; il faut d’abord vaper (vapoter ?) jusqu’à la fin du tank ou perdre le liquide. Là encore, on ne voit plus de telle restriction sur les atomiseurs high end depuis plusieurs années. Cela étant dit, vu la vitesse à laquelle le liquide suinte par les airflow, le vider ne devrait pas prendre bien longtemps…

Pico: trous de remplissage de liquide

Les arrivées de liquide : fin de tank douloureuse

La fin de tank est pénible, c’est le second problème de conception. Les arrivées de liquide sont placées trop haut sur la paroi de la chambre. Au fur et à mesure de la vape, le niveau de liquide baisse jusqu’à descendre en dessous des arrivées de liquide. C’est alors le dry hit, alors qu’il reste encore du liquide dans le réservoir.

Pico: position des arrivées de liquide

Une astuce consiste à laisser sortir le coton par les arrivées de liquide et à le faire descendre au fond du tank. C’est inesthétique et peu pratique, mais surtout cela facilite les fuites de liquide… et le Pico n’a (vraiment) pas besoin de cela !

Pico: coton en bas de la chambre

Un plateau pénible à reconstruire

Le plateau est minuscule mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, là n’est pas son principal inconvénient. Bien entendu, il faudra tout de même procéder lentement et précautionneusement pour placer le coil et le coton…

Nouveau signe d’une conception ancienne, il faut complétement démonter la chambre et sortir le plateau pour le reconstruire. C’est long, il faut être minutieux (à cause de la petite taille) pour ne pas abimer les pas de vis. On est loin de la conception du Kayfun 5, “dévisser et tirer”, qui expose le plateau en quelques secondes.

Pico: Plateau 1

Pico: Plateau 2

L’airflow : un vrai torrent

Pour finir, le principal défaut du Pico : les fuites. Beaucoup de fuites. Comme les images en témoignent, avec du Red Astaire, c’est la mer rouge (sans mauvais jeu de mot…).

J’ai essayé plusieurs montages, en bourrant notamment la chambre de coton, mais tôt ou tard les fuites sont arrivées. J’utilise un clone, c’est donc peut-être dû à une mauvaise qualité de fabrication. Cependant, je n’ai noté aucun autre défaut sur l’atomiseur, cela me semble donc plutôt douteux. C’est plutôt la conception qui est en cause.

Conclusion

Le Pico est un atomiseur totalement dépassé. Il correspond à un type de vape pour les nostalgiques des débuts de la cigarette électronique. Sa conception est maladroite, ce qui le rend peu agréable à utiliser et laborieux à reconstruire. Enfin, les fuites le rendent difficilement utilisable en déplacement.

Il existe aujourd’hui des atomiseurs bien plus performants et agréables à utiliser que le Pico, que je ne saurais donc recommander.

À Montpellier, le dimanche 7 août 2016