Le soir du 14 juillet 2016, alors que le feu d'artifice était tiré à Nice, un fou fanatisé faucha, au volant de son camion, plusieurs dizaines de personnes sur la Promenade des Anglais. Depuis, une polémique est née sur les mesures de sécurité prises par les autorités. Cette polémique est indigne.

Très tôt après l’attentat, la droite fit feu à boulets rouges sur le gouvernement, d’une manière particulièrement pernicieuse suggérant que l’attaque aurait pu être évitée ou que tout n’avait pas été fait pour l’éviter.

Plusieurs choses me choquent. D’abord, si l’attentat avec un camion à Nice aurait pu être évité le 14 juillet, un autre attentat aurait pu se produire en un autre lieu, à un autre moment, avec d’autres moyens. Le terroriste prêt à mourir pour emporter des innocents avec lui trouvera toujours un moyen, à moins d’être dénoncé ou repéré par les forces de l’ordre. En somme, on aurait peut-être pu éviter cet attentat-là, mais l’on ne peut pas prévenir tous les attentats. N’y avait-il pas assez de policiers ? Alors, mettons-en plus ! Mettons-en partout, mais il faudra payer plus d’impôts et augmenter le nombre des fonctionnaires. Il faut choisir, messieurs les ultra-libéraux. Serait-ce vraiment utile ? Le camion a roulé environ 2 minutes avant d’être arrêté. Le nombre de victime est effroyable, mais la réaction des forces de l’ordre, qui ont abattu le terroriste, a été rapide et efficace, quoi qu’on en dise. L’on aurait pu placer des dalles de béton à l’entrée de la promenade, le camion ne serait pas passé… mais le terroriste aurait aussi bien pu se faire sauter dans la foule.

Ensuite, le moment était particulièrement mal choisi pour lancer la polémique. Les premières critiques furent formulées alors que certains corps étaient encore à terre. Ces petites manœuvres politiciennes sont abjectes, dans un moment où le peuple dans son ensemble devait faire bloc contre la barbarie des terroristes. Il y a un temps pour la solidarité et les émotions et un autre temps, plus éloigné, pour l’analyse. Cette analyse sera judiciaire s’il le faut, mais elle n’a pas à être médiatique. Twitter ce n’est pas de la politique, c’est de la démagogie.

Enfin, plus fondamentalement, la polémique refait l’histoire. Lorsqu’un événement s’est produit, il devient facile de l’analyser ; mais prévoir, avant qu’il se produise, toutes les possibilités futures afin de les prévenir est une tâche presque impossible. Les caméras de sécurité niçoises qui, la veille, ont filmé le terroriste sur les lieux au volant de son camion, n’auront pas vraiment montré leur utilité… Il est évident que les forces de l’ordre, pour lesquelles je n’ai pas de sympathie particulière, font ce qu’elles peuvent pour assurer notre sécurité. Remettre en cause la bonne volonté et la bonne foi de personnes qui mettent leurs vies en danger pour assurer notre protection est tout simplement ignoble.

À Montpellier, le lundi 25 juillet 2016