Pour la première fois, parait-il, Google a affiché une publicité sur sa page d'accueil américaine qui ne vantait pas le mérites d'un de ses propres produits, mais du navigateur de la Fondation Mozilla, Firefox. La Fondation Mozilla maintient depuis longtemps de bons rapports avec l'éditeur du moteur de recherche géant du même nom, mais il semblerait bien qu'une nouvelle phase dans la politique anti-Microsoft du géant d'Internet vient de commencer. D'un certain côté, à court terme, l'on peut se réjouir d'une telle "alliance" entre Google et Firefox. Mais d'un autre côté, sur le long terme, un tel pacte présenterait des dangers relativement importants.

Pour la première fois, parait-il, Google a affiché une publicité sur sa page d’accueil américaine qui ne vantait pas le mérites d’un de ses propres produits, mais du navigateur de la Fondation Mozilla, Firefox. La Fondation Mozilla maintient depuis longtemps de bons rapports avec l’éditeur du moteur de recherche géant du même nom, mais il semblerait bien qu’une nouvelle phase dans la politique anti-Microsoft du géant d’Internet vient de commencer. D’un certain côté, à court terme, l’on peut se réjouir d’une telle “alliance” entre Google et Firefox. Mais d’un autre côté, sur le long terme, un tel pacte présenterait des dangers relativement importants.

Genèse
Internet Explorer et Firefox sont des navigateurs internet. Le premier est propriétaire, le second est un logiciel libre. Le premier ne fonctionne que sous Windows, le second fonctionne sous de nombreux systèmes. Le premier est vieux et dépassé, alors que le second est moderne et en perpétuelle évolution. La liste de s’arrête pas là. L’on pourrait critiquer (négativement) Microsoft Internet Explorer pendant des heures, et vanter les nombreux mérites de Firefox tout aussi longtemps. Une telle comparaison n’est pas l’objet de cet article, je n’y reviendrai pas.

Ce qu’il faut retenir, dans le cadre de cet article, c’est qu’Internet Explorer est un très mauvais produit, mais qu’il domine le Web. Lors de sa sortie, IE n’était pas si mauvais que cela (il faut l’admettre, même s’il était tout de même inférieur à Netscape), et surtout, il était livré avec Windows. L’utilisateur de base n’a pas cherché à comprendre: il a cliqué sur l’icone “Internet” de son bureau Windows et a commencé à utiliser IE. Non conscient des faiblesses du logiciel, il a continué à l’utiliser pendant de nombreuses années. Maintenant, il est habitué, et ne souhaite pas en changer. Voilà pourquoi IE domine encore Internet. Mais il ne cesse de faiblir: Firefox est tellement meilleur (et ce, objectivement) qu’il arrive tout de même à percer la glace.

La bonne nouvelle
A n’en pas douter, promouvoir Firefox est une bonne chose. C’est une bonne chose pour l’utilisateur, qui disposera d’un produit plus évolué et surtout plus sûr. C’est également une bonne chose pour la communauté, Firefox étant plus respectueux des standards du web qu’IE.

A court terme, si Firefox réussit à détrôner IE, le Web en profitera. Il n’y a aucun doute à cela. Néanmoins, j’ai deux critiques à formuler. La première quant à la mise en oeuvre de la promotion de Firefox. La seconde quant à la politique de Google.

Une mauvaise promotion
Firefox, au début, c’était l’esprit communautaire, open-source, libre, désintéressé. Le logiciel libre, sous cet aspect, c’est merveilleux. Mais depuis quelques temps, la promotion de Firefox se base sur la haine de certaines personnes contre Internet Explorer.

Je ne défends pas IE. Je le considère toujours comme actuellement le plus mauvais navigateur sur le marché. Et je considère en outre qu’il l’est à cause d’une négligence coupable de Microsoft. Il n’en demeure pas moins que parler des défauts d’IE est une technique promotionnelle beaucoup moins “propre” que vanter les mérites de Firefox, pour promouvoir celui-ci.

La dernière tendance est de rendre son site personnel indisponible pour IE. On peut en voir une illustration ici. Aux grands maux les grands remèdes, me direz-vous ? Non ! N’oublions pas ce que l’on reproche à IE: avoir pourri le Web à cause de son incompatibilité avec les standards du W3C, obligeant les développeurs à élaborer des sites adaptés à ses exigences, et de ce fait incompatibles avec les autres navigateurs. Ne faisons pas la même chose, d’une manière différente, avec Firefox. Heureusement, certains prennent cela avec de l’humour !

On peut également voir une initiative intéressée se répandre sur Internet. Celle-ci fut lancée par Google, sur la base d’un principe très simple: “Webmasters, faites de la publicité pour Firefox sur votre site, et pour chaque internaute en provenance de votre site qui le téléchargera, Google vous versera 1 dollar”. N’oublions pas de le préciser: il ne s’agit pas du “vrai” Firefox, mais d’un “bundle” (paquet) contenant Firefox et son plugin GoogleBar. L’initiative de Google n’est donc pas du tout désintéressée: elle ne vise pas à faire la promotion de Firefox, comme on pourrait le croire. Elle vise à faire la promotion de son produit GoogleBar (une “barre” qui renvoie elle-même aux produits Google sur Internet tels que le moteur de recherche ou le service Gmail), et à affaiblir Microsoft en réduisant des parts de marché d’IE.

G+|M-
Google dominant, Microsoft récessif. Oui. Google s’attaque depuis quelques temps aux points faibles de Microsoft, et l’on peut dire que pour l’instant c’est plutot réussi. Microsoft est presque totalement absent du marché des services en ligne. Google domine de très haut le marché des moteurs de recherche, et renforce sans cesse sa position dans des domaines connexes par le biais des différents services qu’il propose (Gmail, GoogleTalk, GoogleEarth, GoogleMaps, etc).

Mais la domination de Google est-elle préférable à celle de Microsoft ? Je n’en suis pas si sûr. L’avenir nous le dira, mais j’ai pour le moment une vague impression de rouleur compresseur quand je pense à Google… GoogleAds, ça vous dit quelque chose ? Voyez déjà la déferlante à l’heure actuelle, et imaginez les tonnes de publicités que nous subirons quand Google dominera le monde (virtuel… ou pas) !

Sans vouloir retranscrire ici tout la philosophie du Sherman Act, je dirais que la meilleure solution pour le consommateur est encore une situation d’active concurrence, et que les monopoles (on l’a vu avec IE et Windows de Microsoft) sont la plupart du temps préjudiciables pour le consommateur final. Une position dominante de Google, qui donnera lieu à des abus à n’en pas douter, est donc une triste perspective: il ne faut pas oublier qu’en tant que premier moteur de recherche du Web, Google peut pratiquement faire la pluie et le beau temps sur Internet en choisissant de privilégier ou au contraire d’occulter certains contenus.